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Olympe BHÊLY-QUENUM'S WORKS DESERVE TO BE KNOWN
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LETTRE OUVERTE À LA TERRE NATALE.
REQUIEM POUR LE QUARTIER LATIN DE L’AFRIQUE
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LETTRE OUVERTE À LA TERRE NATALE.

Enfant de trois à cinq ans au quartier Axwandjigo, à Glexwé, quand je pleurais parce que j’avais un gros chagrin, Yaga, ma grand-mère originaire d’Abeokuta, ma mère, ma grand-tante Bonin, Grande Prêtresse du Vodún ou une de mes tantes me prenait sur ses genoux et me consolait en me posant des questions ; parfois, arrivé du quartier Brésil à Axwandjigo, intervenait mon père en découvrant mes états d’âme : il avait beau être un polygame dont je suis le onzième enfant, lui aussi craignait qu’abìkú fragile que j’étais laissât en carafe la famille pour le Bois sacré (Zùn).

Bénin, Terre natale, tu le savais, mais je le répète parce que l’image que la coterie politique qui te gère donne de ta personnalité, de ton histoire et de ta célébrité m’accable d’une lourde tristesse et je confesse : si je n’avais autour de moi femme, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, je partirais rejoindre mes deux prédécesseurs dans le Zùn. Ainsi je n’assisterais pas davantage à l’avanie, ni à l’innommable dont les canailles qui, ne t’aimant pas, te souillent en permettant qu’à l’étranger on te considère comme une terre au-dessous de tout.

« Pourquoi aurais-tu pris une telle décision » dis-tu ?

Eh bien, parce que je t’aime. Dieu merci, d’autres aussi mais si peu parmi lesquels, Roger Gbégnonvi, condamnant l’assassinat de Séverin Coovi, président de la Cour d’Appel de Parakou, a écrit sans ambages : « NOTRE PAYS EST GRAVEMENT MALADE. » Je l’approuve : bien avant d’en arriver à un tel constat, il avait adressé au président de la République française une « Supplique » qu’on gagnerait beaucoup à lire ou à relire. Que le Béninois en cagoule asthimctn3000@yahoo.fr réfugié sous le pseudonyme de Le Baobab soit un nervi qui voit en ma personne « Un intellectuel taré de trop !!! » soit du tissu des assassins du juge Séverin Coovi ne serait pas un mystère ; que Le Baobab ait eu recours au vocabulaire du chef de l’Etat béninois, relève d’un symptôme et tout signe conduit à sa signification.

Sera-ce, avec celle du « Bénin plaque tournante de la vente des enfants esclaves » et de « trafics de drogue », l’image que l’Histoire retiendra du Quartier latin de l’Afrique ? A la tribune du Congrès du parti socialiste, qui s’est tenu au Mans du 18 au 20 nombre 2005, Ousmane Tanor Dieng, président du Comité Afrique de l’Internationale socialiste, a déclaré :



« Les atteintes graves à la démocratie et au fonctionnement régulier des institutions, notamment par un tripatouillage des constitutions et des lois électorales, sont devenues monnaie courante dans nombre de pays africains. Les pressions de la commu­nauté internationale, et notamment de l’Internationale socialiste, doivent être exercées pour arrêter de telles dérives. Urgemment. Le destin des pays du sud et du nord est lié. Ils iront ensemble vers un déve­loppement harmonieux dans la stabilité sociale ou n’y parviendront pas. Nous ne devons être ni afro-pessimistes ni afro-optimistes, mais tout simplement afro-responsables et comprendre que le développement de l’Afrique ne se fera pas par les bailleurs de fonds internationaux, encore moins par l’aide des pays riches, mais au travers de politiques pensées et mises en œuvre par les élites africaines elles-mêmes, dans l’intérêt de leur pays. Dans cette perspective d’une utilisation efficace et ver­tueuse des ressources publiques, d’une bonne gouvernance, la lutte sans merci contre la corruption est une question incontournable. »



Les tripatouillages tous azimuts du gouvernement du président Mathieu Kérékou ont conduit son ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine à commettre des fautes qu’un apprenti diplomate de QI moyen aurait évitées ; l’étau enfantin dans lequel ce monsieur voulait glisser l’Union Européenne a enserré sa propre personne et, fonçant sur lui au pas de charge, la présidente de l’Institution internationale européenne, sans pose des banderilles préalables comme l’aurait fait un torero, lui a donné l’estocade :


« 1. Les représentants des missions diplomatiques européennes font part de leur vif étonnement concernant la communication rendue publique le 22 novembre 2005 par les représentants du Gouvernement béninois à l’ensemble des missions diplomatiques représentées au Bénin et relative à l’élection présidentielle de Mars 2006.

2. Sans parler du ton et de la forme de cette convocation, l’Union Européenne souhaite répondre point par point à l’aide mémoire distribué pendant cette réunion :

a) L’Union Européenne apprécie la gratitude du Gouvernement béninois pour le soutien de la Communauté Internationale, ciblée pour la promotion et l’enracinement du processus démocratique. C’est exactement dans cet esprit et dans la longue tradition de coopération fructueuse et amicale que l’Union Européenne a décidé de soutenir le Bénin dans la préparation de l’élection présidentielle.

b) L’Union Européenne rappelle qu’il y a près de deux ans qu’elle a été engagée, à la demande du Gouvernement béninois représenté par le Ministre chargé des relations avec les Institutions, la Société Civile et les Béninois de l’Extérieur, à appuyer et financer la préparation de l’élection présidentielle. Les multiples réunions auxquelles elle a participé, sur convocation du ministre ad’ hoc, et au cours desquelles elle a annoncé régulièrement le montant de ses contributions, montrent son engagement dans ce domaine comme dans tant d’autres.

c) L’Union Européenne a reçu de la Commission Européenne le vendredi 18 novembre, les derniers chiffres sur le soutien financier qu’elle apportera au processus électoral et a immédiatement communiqué sa disponibilité à la CENA en tant qu’institution autonome chargée de la préparation de l’élection présidentielle ainsi qu’aux plus hautes autorités de l’Assemblée Nationale où se déroulait un débat sur le financement de cette élection. L’Union Européenne estime qu’une information en temps réel lui parait nécessaire.

d) L’Union Européenne ne peut concevoir que, se déplaçant auprès de l’institution autonome chargée de l’élection présidentielle, elle puisse « créer une situation confuse » pour l’organisation de cette élection, encore moins quand elle charge trois d’entre eux de rencontrer, le 18 novembre, sur ce sujet, le Président de l’Assemblée Nationale, deuxième personnage de l’Etat.

e) L’Union Européenne aimerait souligner que l’aide financière annoncée est exclusivement destinée à la CENA, institution autonome chargée de l’élaboration du budget incluant les contributions des différents bailleurs de fonds. Elle rappelle leur engagement au soutien de la démocratie béninoise qu’elle accompagne régulièrement depuis quinze ans par ses financements. Elle regrette que ses démarches contributives, au moment où Monsieur le Ministre des Finances et de l’Economie annonce à l’Assemblée Nationale le manque de crédits nécessaires à l’élection présidentielle, puissent être interprétées comme un élément perturbateur à ce processus électoral.

f) L’Union Européenne suit la préparation de l’élection présidentielle avec grande attention. Elle espère pouvoir collaborer activement avec le Gouvernement et les autres institutions béninoises impliquées dans la préparation de cette élection, dans un esprit de concertation et de partenariat pour le relèvement de cet important défi. »


Comme si le texte ci-dessus ne suffisait pas, connaissant l’excellence des relations entre le Bénin et Pékin, l’UE utilise l’Agence Chine nouvelle pour attirer, urbi et orbi, l’attention sur les méthodes du gouvernement béninois en diffusant le texte ci-dessous découvert dans la boîte à lettres de mon site: www.obhelyquenum.com



« L'Union européenne "regrette que ses démarches contributives, au moment où le ministre des Finances et de l'économie annonce à l'Assemblée nationale le manque de crédits nécessaires à l'élection présidentielle, puissent être interprétées comme un élément perturbateur à ce processus électoral", souligne le communiqué.

A l'issue d'une rencontre le 18 novembre dernier avec le bureau de la Commission nationale électorale autonome (CENA), structure chargée de l'organisation des élections, une délégation de l'Union européenne avait annoncé une aide de 4 milliards FCFA pour l'organisation du scrutin. Ceci n'a pas été du goût du gouvernement qui y a vu non seulement une violation des règles diplomatiques mais également une démarche susceptible de semer la confusion. »



Le ministre béninois des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine n’en sortira pas ; tant mieux : la Démocratie doit être de rigueur, et, prinde ac cadaver, l’extrême transparence doit caractériser le Budget ainsi que toutes les opérations financières de la Nation béninoise. Le gouvernement magouille pour priver la CENA des moyens nécessaires à l’organisation et au fonctionnement de l’élection présidentielle en mars 2006 ? Si le camouflet infligé à un de ses membres ne suffisait pas pour que cette coterie aille à Canossa, les mains nues le peuple en arriverait à descendre dans les rues du pays tout entier ; j’insiste : les mains nues pour que, se prévalant des Accords de Coopération en matière de défense, le gouvernement de monsieur Mathieu Kérékou ne fasse appel à la France. Mais je suis…convaincu ? Je veux être aimable : oui, convaincu parce que, ouf ! heureux qu’en déclarant : « La présente visite que j’effectue à votre invitation, me permet de vous confirmer que ,j’ai décidé de ne pas me représenter à la prochaine élection de mars 2006, dans le strict respect de la Constitution du 11 décembre 1990 », Monsieur le président Mathieu Kérékou ait solidement mis le pied dans les beaux plats de l’Elysée.

Ainsi, le « brave à trois poils » - comme eût dit Molière - n’a eu cure des caresses dans le sens du poil prodigués par Monsieur Jacques Chirac qui l’avait qualifié de « principal artisan de l'enracinement de la démocratie au Bénin ».

Le mensonge n’a jamais tué personne ; France-Afrique en est polluée et à la Bourse chafouine, le souhait du président de la République française - depuis longtemps distillé, puis seriné par les lobbies - que son homologue de la République du Bénin conserve son fauteuil au-delà de 2006, fut converti en assurance selon laquelle « très nombreux en dehors du Bénin ou au Bénin auraient souhaité vous voir continuer à assumer ces fonctions. »



Nègre de nationalité française, béninoise aussi depuis l’indépendance de mon pays natal, écrivain, sociologue, spécialiste de l’anthropologie culturelle et sociale du socle vodún et habitué des enquêtes, j’aimerais connaître les Instituts de sondages qui auraient fourni au chef d’Etat du pays où je vis depuis 1948, les données qui l’auraient assuré que « très nombreux en dehors du Bénin ou au Bénin auraient souhaité vous voir continuer à assumer ces fonctions. »



Heureusement pour l’avenir des vieilles relations entre ma terre natale et le pays où, en homme absolument libre, ne devant rien à personne, ni au Bénin hormis le fait d’y être né, ni à la France où j’ai fondé une famille depuis plus d’un demi-siècle, le chef de l’Etat béninois a eu assez de courage, de prudence aussi, pour comprendre que « le respect de la parole, de la loi, de la Constitution passe à “ses” yeux avant toute autre chose ».



Le contraire générerait pis qu’en Côte d’Ivoire. Fin politique, Monsieur Chirac n’y aurait pas songé? N’aurait-il pas eu vent de la « Supplique » du professeur Roger Gbégnonvi dont la lecture m’a fait entendre un tocsin? Les rumeurs, remue-ménage, dribles, roublardises et trafics d’influences tendant à une récidive de 2001 m’ont obligé à sonner le glas en écrivant Requiem pour le Quartier latin de l’Afrique mis en ligne sur Internet. C’est le lieu de répéter ce que le très regretté président Hubert Maga m’avait dit et qu’on a déjà lu : « En allant à la guerre contre la corruption, il (Mathieu Kérékou ) s’est installé au cœur d’une confrérie de corrompus et de corrupteurs, pour gérer la gabegie, générer la dégradation des mœurs et la misère.»



Mais les décisions qu’il semble engager m’incitent à suggérer : puisqu’il y a grabuges dans le Landerneau SONACOP SA, il faudra que, résolument, il fasse rendre gorge à tous les corrupteurs ainsi qu’aux corrompus qui ont puisé dans les fonds de la Nation leurs transferts dans des paradis fiscaux ; que l’argent du pays notoirement ou par supercherie subtilisé dans les Entreprise d’Etat ou par des personnalités revienne : alors, pour la CENA, il y en aura plus qu’il n’en faut pour qu’elle organise l’élection présidentielle et les operations y afférentes, absolument en mars 2006.



« - C’est aux intellectuels, à tous ceux qui auront pris conscience de la dégringolade morale, de la dégradation économique, sociale et culturelle du Bénin à cause des méthodes de Mathieu Kérékou et de sa clique de s’entendre pour réagir mais…tu connais les nôtres, il y aura ceux qui diront pis que pendre de lui la nuit et à la première occasion, ils iront se mettre à plat ventre devant lui pour trahir père et mère », m’avait dit Hubert Maga.



Eh bien, “un intellectuel taré de trop!!!”, c’est aussi un fils du Bénin, qui, aimant profondément sa terre natale et ne craignant ni la mort, ni la menace de mort à peine déguisée par le nervi en cagoule, écrit ces pages pour que le Bénin ne soit plus la plaque tournante des trafics d’enfants esclaves, le territoire des assassinats impunis, la honte dont le poids écrasant oblige à hésiter avant de dire qu’on est né au Béninois ou qu’on est Béniniois. C’est pensé et écrit : serviteur incroyablement désintéressé, totalement inutile, je peux m’en aller tranquille, quitter la vie après avoir hurlé tel l’illustre anachorète du désert décapité à l’instigation de Salomé.





Olympe BHÊLY-QUENUM.



Garrigues-Sainte-Eulalie, 30 Novembre 2005.