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CONGRÈS DE L’A.I.C.L. À AGIA PARASKEVI

CONGRÈS DE LA SECTION GRECQUE DE L’A.I.C.L.

À AGIA PARASKEVI ( LESBOS )

 

Revues littéraires ( Confrontation des idées, courants littéraires. La contribution des revues littéraires à la littérature).

 

Communication d’Olympe BHÊLY-QUENUM

 

 

De prime abord, le libellé du congrès semblait nous inviter à répertorier les revues littéraires qui contribueraient à la création littéraire de notre pays ou continent d’origine et qui, éventuellement, favoriseraient des confrontations d’idées ; si d’autre part le libellé envisageait aussi le monde éclaté où des intellectuels des diasporas écrivent, parviennent à faire éditer certaines de leurs créations littéraires, la question se poserait également de savoir si des revues littéraires du pays d’exil s’intéressaient à la création littéraire de ces intellectuels jusqu’à y accepter leurs confrontations d’idées, voire, subsidiairement, la confrontation de leurs idées avec celles de leurs confrères natifs du pays d’exil.

Les problèmes ainsi cernés, je m’intéresserais seulement au cas des écrivains africains francophones ; d’entrée et sans grand risque de me tromper, je dirais qu’à l’exception de Présence Africaine, revue culturelle du monde noir fondée en 1947 par le philosophe sénégalais Alioune Diop, nulle part dans les ex-colonies françaises d’Afrique, ni en France, il n’existe de publication dans laquelle on lirait des textes afférents aux confrontations d’idées d’écrivains africains.

À ma connaissance depuis 1958 que je consacre des chroniques littéraires aux romans, nouvelles, recueils de poésies et pièces de théâtre, le problème de courants littéraires ne s’est pas encore posé parmi les groupuscules d’auteurs africains qu’il m’arrive de rencontrer. Si en France une telle approche n’a jamais pu avoir lieu pour les écrivains africains francophones, comment en irait-il autrement dans tel ou tel de nos pays natals où les écrivains ont d’autres chats à fouetter ?

*

En envisageant d’abord ce qui a cours en France, je mentionnerais la revue Notre librairie : revue d'actualité et de critique littéraire créée en 1969, Notre librairie/Cultures Sud s'est « spécialisé dans l'étude des littératures produites par les auteurs originaires d'Afrique, des Caraïbes et de l'océan Indien. » Bénéficiant d’une « large diffusion en France, dans les pays francophones et à travers le monde, en particulier auprès du réseau culturel français à l'étranger », on y trouve, d’un numéro à l’autre :

*Etudes et analyses critiques, entretiens avec les auteurs, textes inédits, notes de lecture, rubrique "Vient de paraître"

*Source d'informations pour le grand public : outil professionnel, pédagogique et de référence pour les professeurs d'université et de lycée, leurs étudiants et élèves.

*Numéros traitant de la littérature d'un pays ou d'un thème ; numéros bibliographiques ou bilans d'une aire géographique sur cinq ou dix ans.

Sans que ce soit systématique, Notre librairie publie des interviews, des critiques d’ouvrages d’écrivains africains et d’autres ex-colonies françaises ; la chape de plomb qu’on y pose sur certains ouvrages s’apparente néanmoins à un ostracisme dont on aurait frappé leurs auteurs ; d’autre part, eu égard à sa dépendance de la politique gouvernementale, il serait surprenant que Notre Librairie/Cultures Sud ouvre ses colonnes aux écrivains africains dont la confrontation des idées épargnerait la FrançAfrique, c’est-à-dire, la politique de la France en Afrique francophone, qui, même au sein de l’UMP, parti de la majorité parlementaire, ne fait pas l’unanimité.

*

Le thème de notre congrès à Agia Paraskevi m’a fait jeter un regard sur d’autres revues, africaines, voire « africanistes », qu’elles soient publiées en Afrique ou extra muros ; je mentionnerais APELA (Association Pour l’Etude des Littératures Africaines) qui publie la revue ELA. « Association loi 1901, fondée en septembre 1983 par un groupe de jeunes chercheurs français », le but d’APELA est « de créer un lieu de rencontre et d’échanges scientifiques qui échappe aux cloisonnements universitaires aussi bien qu’aux parrainages officiels, et qui permette de faire connaître et de mettre en relation toutes les productions littéraires émergeant dans le continent africain. » Tant de générosité et de gentillesse m’ont ému.

La première présidence de l’Association ayant été confiée à « Claude Wauthier, journaliste indépendant, alors directeur Afrique à l’AFP et auteur remarqué de L’Afrique des Africains (1963,), l’APELA marquait son souci d’indépendance vis-à-vis des grandes institutions. De même, le regroupement au sein du premier bureau de spécialistes des littératures africaines tant francophones qu’anglophones et lusophones, illustrait cette volonté d’ouverture linguistique et disciplinaire, qui est toujours la ligne fondamentale de la politique de l’association. »

Esprit d’ouverture oblige, l’Association a choisi l’expression « littératures africaines » en vue d’une « extension maximale comprenant l’Afrique arabe (du Maroc à l’Egypte, francophone, italophone et anglophone) et les diasporas noires du monde entier ; mais une écoute serait centrée sur les Caraïbes francophones et les Mascareignes. L’idée n’est pas d’analyser en détail la production d’un champ littéraire aussi vaste mais, à l’occasion de rencontres et de lectures, de mettre en dialogue les écrits venant de cultures certes éloignées par la géographie et l’histoire, mais au cœur desquelles brûle toujours le "vieil amadou" africain. »

Malgré un tel désir d’approches et tant de générosité, on ne peut pas ne pas être étonné qu’au nombre des créateurs de l’APELA, il n’y ait eu aucun intellectuel africain, fût-il discrètement comprador, peut-être parce que j’ai oublié qu’APELA était « fondée par un groupe de jeunes chercheurs français »; peu importe, mais la question qu’on poserait serait de savoir si cette Association a pu organiser au moins un congrès, un colloque, un séminaire d’écrivains africains et/ou maghrébins autour d’un thème qui leur aurait permis de confronter leurs idées afférentes à la conception de romans, poésies, pièces de théâtre ; ou bien, à l’intervention de la politique, l’intrusion de la tradition orale africaine ou maghrébine dans la création littéraire. 

*

Dans un dossier APELA intitulé « La question de la poésie en Afrique aujourd’hui », Daniel Delas et Alain Ricard ont réuni les contributions dont voici les titres :

Des voix dans la poésie. Entretien avec Henri Meschonnic1

Que la question de la poésie est celle de la littérature2

La question de la poésie à Madagascar3

L’oralité de la poésie de Bakary Diallo. État d’une recherche en cours4

Mathias Mnyampala : poésie et politique en Tanzanie5

L’écriture hétérolingue en Afrique postcoloniale : une poétique de la traduction6

Une facette méconnue d’Alexis Kagame : le poète traducteur7.

Regards sur les œuvres de D. Marcchera et Tchicaya U Tam’si 8

ZAO « Je parle francophonais »9

Un romancier-poète sothot : J.J. Machobane 10

 

Il y eut aussi le Dossier Wole SOYINKA ; chaque thème en aurait pu être celui d’une confrontation entre une brochette d’écrivains africains ; qu’on en juge :

1° Mystique culturelle, engagement social : deux types de « déterminations » de l’œuvre.

2° Soyinka et les droits de l’Homme.

3° Premier regard sur La conversation téléphonique de Soyinka.

4° Wole Soyinka et la ville : une analyse de The Interpreters.

5° Aspects, sources et fonctions du comique dans The Beatification ( Nuptials ) of Area Boy de Wole Soyinka.

 

Dossier Wole SOYINKA contient beaucoup d’autres contributions ; l’absence ou la présence dérisoire de critiques africains suscite les deux questions que voici :

1° les critiques africains manifesteraient-ils peu d’intérêt pour APELA ?

2° le souci primordial des fondateurs des revues présentées ici serait-il de faire valoir leurs compétences d’africanistes ?

La revue que présidait mon ami Claude Wauthier a publié des comptes rendus de lectures; ainsi, on a pu lire des textes tels que:

Nietzsche et Cheikh Anta Diop.

Mondes créoles et francophones. Mélanges offerts à R. Chaudenson.

Ecrivains francophones interprètes de l’Histoire.

*

Que dire de la revue PALABRES ? Créée en octobre 1996, elle se voulait lieu de ressources et de rencontres au service des chercheurs dans le domaine des études francophones, mais aussi « un pont entre les chercheurs des différentes géographies francophones (Afrique, Caraïbes Europe, Amérique du Nord, Océanie), en accordant une attention particulière aux réflexions fondamentales sur les questions relatives aux sociétés et à l'imaginaire francophones, offrant ainsi un espace de rencontres et de débats dénommé podium sur l'actualité scientifique et intellectuelle, etc. »

Vastes problèmes ! Immense ambition ! Je n’en ai trouvé la réalisation dans aucun des numéros de cette revue dont la Francophonie est le point d’appui. Se poserait aussi la question de connaître la connotation du syntagme « l’imaginaire francophone » dans la création littéraire des Africains, Caribéens, Maghrébins, etc. qui ont leurs langues maternelles, bien que le français soit leur langue de travail ? Il y a un demi-siècle que j’ai fait état de l’incontournable intervention de mes langues maternelles dans le processus de mes créations littéraires, voire lors d’une conversation avec ma femme, nos enfants ou des amis.

 

Et voici ETHIOPIQUES, « revue socialiste de culture négro-africaine » fondée par le très regretté président Léopold Sédar Senghor ; dévêtu de son armure politique, le sous-titre est devenu Revue négro-africaine de littérature et de philosophie ; Ethiopiques est néanmoins riche de thèmes de débats dont se soucient fort peu d’intellectuels africains d’aujourd’hui, car on n’en décèle la moindre trace dans leurs créations. Ce constat de carence a peut-être motivé la colère du jésuite camerounais qu’était Engelbert MVENG dans l’article intitulé La mort culturelle ; en voici un extrait :

 

« Le processus de mise à mort culturelle est extrêmement complexe et implacable. Pour le surmonter, il faut des peuples sains, vigilants, capables de concertation, de sacrifice, de courage et de grandeur d’âme. Le processus de mise à mort culturelle est en effet un processus de désappropriation, d’expropriation, d’aliénation et d’annihilation culturelle. Il est partout l’œuvre de domination étrangère et de colonialisme.

« Le phénomène de désappropriation culturelle a lieu quand un peuple, consciemment ou inconsciemment, se défait de son héritage culturel, soit pour l’aliéner, soit pour le laisser tomber en perdition. On a vu souvent, dans nos pays, des chefs traditionnels vendre à vil prix des trésors d’art amassés par leurs prédécesseurs. On en a vu d’autres, animés par un fanatisme mal éclairé, brûler comme des idoles des œuvres parfois uniques dans l’histoire de l’art de tous les temps. Nous côtoyons quotidiennement des familles qui ont abandonné l’usage de leur langue maternelle, qui n’apprennent plus aux enfants que des langues étrangères pompeusement baptisées langues internationales.

« Le phénomène de désappropriation culturelle n’est possible que là où la personne - individu ou société - a perdu les racines de son identité culturelle. On cherche alors à les remplacer par des valeurs d’emprunt. Le chef traditionnel qui ne trouve plus dans son héritage culturel ses raisons de vivre et le fondement de son autorité et des charges historiques sur son peuple, se tourne vers l’argent considéré comme nouveau fondement de l’existence et du pouvoir. Malheureusement, ce fondement échappe totalement, je ne dis pas au contrôle, mais même à l’emprise du chef traditionnel. On aboutit ainsi au marché de dupes dans lequel en échange de millénaires de culture et de civilisation, on ne reçoit que le vide des appétits insatisfaits, et la conscience brutale de son propre anéantissement.

« Le phénomène de désappropriation culturelle est l’un des plus subtils et des plus brutaux. Au départ, on vit dans l’illusion qu’on est maître de ses options. Apparemment, on ne semble pas subir de pression extérieure. On vend ce qui vous appartient, on apprend les langues parce qu’on le veut. On ne voit pas l’utilité de connaître l’histoire, la géographie, les traditions de son milieu. Peu à peu, on se convainc que pour être moderne, tout cela devient totalement inutile. On en arrive alors à l’auto-liquidation culturelle. On jette par-dessus bord tout ce qui fondait notre identité culturelle. En fait, on est devenu un clochard culturel : désormais, on n’a plus ni chez soi, ni famille, ni pays, ni capacité de concevoir, de créer, de bâtir. On passera le reste de sa vie à mendier sa subsistance à la porte des autres cultures. »

*

Le tour d’horizon que voilà me ramène à Présence Africaine ; du vivant d’Alioune Diop, son fondateur, la revue initiait des débats réunissant l’intelligentsia négro-africaine, maghrébine tant anglophone, francophone, hispanophone que lusophone, noire américaine aussi autour des thèmes permettant des échanges d’idées sur la création littéraire, l’histoire, l’art nègre, la tradition orale, les religions traditionnelles d’Afrique, la lecture comparée des textes des religions monothéistes, ainsi que des affrontements idéologiques ; la transcription des interventions enregistrées et les textes présentés par certains invités faisaient l’objet de numéros spéciaux de la revue ; aussi dispose-t-on aujourd’hui d’inestimables archives sans pareil restituant aux lecteurs la vitalité intellectuelle, le courage politique, des informations afférentes à la connaissance des fondements socioculturels et politiques des Négro-Africains des années 1950-1975.

La rubrique NOTES Livres permettait aux critiques littéraires -qu’ils fussent Africains, Américains ou Européens - de rendre compte des ouvrages d’écrivains blancs ou noirs traitant des problèmes tant africains que de culture générale: nous nous y instruisions en nous imprégnant des cultures du vaste monde. Plus d’une centaine des numéros de la revue sont encore dans mes bibliothèques ; en les feuilletant, j’ai été surpris par la masse de mes lectures marquées par des soulignages et des notes dans les marges ; j’en ai tiré la conclusion : si Présence Africaine recensait les chroniques littéraires que les critiques négro-africains consacraient aux ouvrages des écrivains français, on s’apercevrait que cette revue a été et reste plus ouverte à la réception des livres des Français qu’aucune publication française ne l’a jamais été et ne l’est encore à la littérature négro-africaine : il y a même de l’ostracisme de la part des journaux que nous soutenons quand, ne battant plus que d’une aile, ils lancent un SOS à la générosité des lecteurs. Bien sûr, ils montent en épingle un « bon nègre » qui aura obtenu, fût-il au forceps, un grand prix littéraire français ; le marketing aidant, un tel écrivain devient temporairement leur coqueluche, puis, le soufflet s’effondre et s’en exfiltre la rumeur d’un plagiat.

Si on consultait d’autre part l’ensemble des numéros de cette Revue des années 1949-1985, on serait singulièrement impressionné par la recension de la production littéraire négro-africaine, les chroniques littéraires ainsi que par l’espace consacré aux débats constructifs ; de la comparaison avec ce qui a cours dans la presse de l’Hexagone surgit un fait de constat : la création littéraire africaine est privée même la portion congrue dans les revues et journaux français ; n’empêche, dans leurs données statistiques de leurs rapports de plus en plus des poncifs, « les experts africanistes de la Francophonie » n’omettent jamais la production littéraire africaine francophone.

Il va sans dire que l’Afrique sempiternellement ne doit pas compter sur la France pour promouvoir sa littérature ou, en général, ses productions culturelles ; aussi la question que l’écrivain africain est en droit de poser est-elle : quelle est la place de notre création dans la Francophonie et quand la presse africaine, hélas ! majoritairement dépendante de la Politique, reconnaîtra-t-elle à la critique littéraire sa place et son rôle dans l’économie nationale ?

Il faut le dire aussi : Présence Africaine demeure une « affaire de famille » ; je ne suis pas sûr que c’était l’objectif de son Fondateur avec qui j’ai eu plusieurs occasions de discuter. Si les éditions Présence Africaine qui publie la revue du même nom était un Consortium international négro-africain, qui, hormis les dons sans assujettissement d’allégeance, ne solliciterait de subventions et n’en recevrait d’aucun gouvernement ou chef d’Etat de l’UA (Union africaine), ni d’ailleurs dans le monde, un tel Consortium dont des actionnaires feraient partie du Conseil d’Administration et contrôleraient la gestion, serait maintenant une Institution éditoriale susceptible de réaliser le rêve d’Alioune Diop, « créateur d’un ordre nouveau »

Qu’en conclure ?

 

La crise de la culture avait été le thème central du premier Congrès des Écrivains et Artistes noirs tenu à Paris, en 1956 ; le souci dominant des Négro-Africains était alors de situer les responsabilités et de dissiper les équivoques, parce que, « sous l’influence des intérêts colonialistes, les peuples d’Occident avaient accepté la notion de peuples sans culture », en ignorant « la contribution des peuples afro-asiatiques au patrimoine humain et l’action consciente et méthodique exercée contre les cultures indigènes. »

D’entrée, Alioune Diop devait déclarer : « Les gouvernements coloniaux avaient beaucoup trop à dissimuler à leurs propres peuples pour tolérer que nos cultures portent témoignage contre l’idéologie et l’ordre colonialistes. Nous fûmes longtemps, sous l’oppression de la puissance, des peuples muets et absents de la scène mondiale. »

 

Ici à AGIA PARASKEVI, il ne s’agit que d’un rappel et non d’un procès dont la récurrence empêche d’envisager l’avenir avec sérénité et d’agir. Après l’anamnèse et le diagnostic du mal en 1956, s’est tenu à Rome, à Pâques 1959, le II ème Congrès des Écrivains et Artistes noirs, qui avait pour titre ? UNITÉ ET RESPONSABILITÉS DE LA CULTURE NEGRO-AFRICAINE. Il est significatif de souligner que « La culture africaine comme base d’une manière d’écriture originale » eut la part du lion dans ce congrès et que beaucoup de débats y furent consacrés à la littérature ; n’empêche, le syntagme « le mouvement pour l’expression des idées africaines dans une écriture originale » fut considéré comme une révolte contre l’Occident, bien qu’il n’y en eût la moindre idée, d’autant plus que « la force de ce mouvement » était essentiellement constructive, « avec une puissante passion pour la création et une conscience nouvelle de ses origines ». On en trouvait déjà des prémices dans nombre de romans, de poèmes, de nouvelles et de pièces de théâtre conçus entre 1950 et 1959.

Mieux que ceux pour qui « le mouvement pour l’expression des idées africaines dans une écriture originale » était une révolte contre l’Occident, le Pape Jean XXIII avait compris les objectifs du congrès quand, souhaitant la bienvenue aux congressistes, il se référait à la ville de Rome et déclarait :

« C’est dans son cadre prestigieux que vous vous appliquez à étudier l’unité et les responsabilités d’une culture négro-africaine. Appartenant vous-mêmes à diverses nations de l’ancien et du nouveau monde, différents par la langue et par le style de vos œuvres, vous vous affirmez liés par une unité, qui est celle de votre race d’origine, et par de communes responsabilités envers votre patrimoine ancestral.

« L’Église apprécie, respecte et encourage un semblable travail d’investigation et de réflexion, qui a pour objet de dégager les richesses originales d’une culture propre, d’en retrouver les points d’appui dans l’histoire, d’en manifester les harmonies profondes à travers des expressions variées, d’en faire bénéficier enfin, par des œuvres nouvelles, les pays respectifs auxquels vous appartenez.

« Partout en effet où d’authentiques valeurs de l’art et de la pensée sont susceptibles d’enrichir la famille humaine, l’Église est prête à favoriser ce travail de l’esprit.[…] On ne peut donc que suivre avec intérêt, messieurs, vos efforts pour rechercher les bases d’une communauté culturelle d’inspiration africaine, en formant le vœu qu’elle repose sur de justes critères de vérité et d’action! »

 

Cette déclaration était et demeure magnifique ; quiconque le lira intégralement, s’il s’intéresse aussi aux créations littéraires négro-africaines dignes de ce nom, s’apercevra, comme l’avait écrit Nietzsche, que « ce que nous voulons, ce n’est pas connaître, c’est qu’on ne nous empêche pas de croire que nous savons déjà .»

 

 

Olympe BHÊLY-QUENUM

 

1 Métanic Bourlct et Chantal Gishoma.

 

2 Daniel Delas.

 

3Claire Riffard.

 

4 Mélanie Bourlet.

 

5 Mathieu Roy.

 

6 Myriam Suchet

 

7 ChantaI Gishoma

 

8Pierre Leroux.

 

9 Jean Foucault

 

10 Limakatso Chaka