BREF SÉJOUR EN ISRAËL |
BREF SÉJOUR EN ISRAËL ET VŒUX.
Par Olympe BHÊLY-QUENUM.
726 messages quand, en Israël, j’avais consulté ma messagerie email que j’ai dû vite refermer ; elle était obèse à notre retour en France ; bien qu’aussi touché qu’impressionné par les mots d’affection, d’amitié, voire de tendresse, une réponse individuelle serait une gageure que je ne saurais lever en un an ; mais puisque c’est en Israël que Maryvonne et moi avons passé Noël avant de découvrir un peu ce pays, je voudrais vous livrer des bribes de mes impressions en disant : découvrir Israël était un rêve de quelque quarante ans.
Certainement à cause de mes lectures de la Bible auxquelles se sont ajoutées celles des romans et des nouvelles, le rêve était devenu un projet, auquel la politique a donné une autre dimension en le métamorphosant en un désir obsédant dont la force m’a fait décider de sauter le pas en allant fêter Noël à Bethléem ou à Nazareth.
D’un naturel très indépendant, je n’aime pas les voyages en groupe, encore moins les pèlerinages ; mais j’avoue que l’agence Ictus -découverte en téléphonant au quotidien La Croix1- m’a permis de me faire une idée de nombre des lieux des actions décrites aussi bien dans la Bible (Ancien et Nouveau Testaments) que dans la littérature profane du monde actuel.
Un pèlerinage en Terre Sainte m’aura donc permis de passer du rêve à la réalité sur le terrain objectif. Messe de Noël à Nazareth, visites de la Basilique de l’Annonciation, de la Grotte de la Nativité, de Sepphoris, ville natale de Marie ; les parents de Jésus y ont vécu ; si je ne me suis pas trop embrouillé dans mes notes, un tableau y représente Jésus, adolescent, apprenant son métier de charpentier sous le regard attentif de Joseph.
Capharnaüm ! Quelle merveille ! Pèlerins en Terre Sainte assis sur les pierres de la synagogue, il m’est plus d’une fois revenu en mémoire le passage du Nouveau Testament où Jésus mettait les représentants de la Loi en difficulté : avant mon arrivée en France, cet épisode me semblait déjà le parangon de la contestation, un morceau d’anthologie intemporel. Visite des ruines de la maison de Simon ( le pêcheur devenu Saint Pierre) mise au jour par la recherche archéologique ; de Capharnaüm, une longue demi-heure de navigation sur le lac de Tibériade passablement houleux, mais d’un bleu semblable à du saphir liquéfié, fait parvenir à Ein-Gev ; ici, nous avons apprécié un repas au poisson du lac de « la pêche miraculeuse »; en révélant l'inouï çà et là, l'archéologie procède à la découverte des lieux bibliques de la Galilée tels que le Mont des Béatitudes, le Mont Tabor, etc.qui fascinent.
A Cana -ville des noces où Jésus a métamorphosé l’eau des cruches en un vin de qualité-, le nombre des minarets atteste que la plupart des habitants sont musulmans ; dans l’église, il y a une peinture qui illustre la scène de la transformation de l’eau en vin et j’aurais tant aimé en acquérir une reproduction ; « elle n’existe pas encore », m’a laissé entendre l’ecclésiastique responsable des lieux..
Ci-dessous, la main droite sur un rocher ; on nous a précisé que s’y reposaient, échangeaient des idées en mangeant du poisson grillé, le futur Saint Pierre et ses compagnons de pêche ; le mur derrière moi est un des murs de l’église érigée sur l’autre partie du rocher qu’on trouve dans l’église.
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Après la Galilée, la Judée: Bethléem en fait partie ; l’incontournable ville natale de Jésus est en Palestine ? Qu’à cela ne tienne : le pèlerinage s’y rend, visite les bords du Jourdain, lac du
baptême de Jésus par Jean-Baptiste, son cousin qui annonçait son avènement en hurlant dans le désert ; nous y avons eu droit à une aspersion par le Père Marie-Angel, for sympathique responsable du pèlerinage ; j’ai su qu’il connaissait l’ecclésiastique béninois Dagnon qui est exorciste, comme lui-même.
Dans un site aménagé du Jourdain, hyper-touristique, des Africains, notamment anglophones, entraient dans l’eau et s’immergeaient ; j’ai entendu dire que c’étaient des évangélistes ; en observant leur spectacle, j’ai pensé au Béninois Thomas Yayi Boni en me disant : « il devrait venir ici et les imiter, mais à poil, afin de se purger et se purifier des maux dont il fait souffrir le Bénin. Je crois qu’il n’en sera pas capable. »
Peu importe, j’ai prié Dieu d’expurger mon pays d’un tel homme et Dieu a dû sourire. « Aide-toi et le Ciel t’aidera » : aux Béninois de s’indigner, de se révolter comme Jésus quand il chassait les marchands du Temple : aux Béninois de s’insurger en bloc contre les thuriféraires de toute étoffe et de tout acabit, les juges en quête de prébendes et corrompus, contre le Médiateur nuisible dont aucun projet n’a été utile au pays, contre les complices de la forfaiture du failli réinstallé au sommet de l’État : c’est en Israël que j’ai lu en anglais (Internet), qu’au Bénin, l’ambassade des USA s’inquiétait des relations du chef de l’Etat. avec des Libanais soupçonnés de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.
Visite de La Grotte de la Nativité dont un étroit couloir débouche sur la grotte des « Saints Innocents » ; y ont été jetés les cadavres de « tous les bébés au-dessous de deux ans » massacrés par les soldats d’Hérode, quand les rois mages avaient évité d’aller lui dire avoir vu et honoré l’enfant Jésus, « le Roi des Juifs »
La Basilique de la Nativité est superbe et fascinante !
Arrivant à Bethléem en venant de Jérusalem, Liliane Blum, notre guide, signale « la tombe de Rachel » ; un épisode de l’Ancien Testament trottinait dans ma tête : « Rachel, la femme préférée de Jacob… », quand Liliane, Juive polyglotte, érudite, écrivaine renommée et d’un humour aussi froid que décapant, précisa : « les adeptes des trois religions monothéistes honorent la tombe de Rachel... »
Déjeuner à Jéricho où aurait d’énormes difficultés à revenir tout Palestinien parti rendre visite à un proche qui réside à Jérusalem. Deux questions :
1°Pourquoi ? Réponse : l’autorité palestinienne s’y oppose.
2° Est-ce que, de Jérusalem, un Juif pourrait venir en Palestine, puis, retourner à Jérusalem ? Réponse : tout à fait, mais il n’est pas à son aise, un incident imprévu pourrait se produire.
Des sites éminemment significatifs ; en Judée aussi, tout est éminemment significatif; j’y ai découvert et condamné sans ambages le nouveau mur de la honte, plus haut et plus terrifiant que celui de Berlin que j'avais vu trois mois après son érection2 ; à Jéricho, Liliane nous a montré, parce qu’elles avaient été identifiées, les montagnes des confrontations entre Jésus et Satan (les tentations).
Splendeurs de la Samarie ! Paysages sidérants !
En Galilée, nous avons séjourné à Notre Dame Hôtel ; en Judée, ce sera au Couvent des Maronites, à Jérusalem ; ici, nous avons dû passer plus d’une fois par la Porte de Jaffa ; la ville elle-même et nombre des endroits de la vie de Jésus ont été privilégiés. La Via Dolorosa, le Saint Sépulcre dont on touche le rocher en introduisant le bras dans un trou, la Basilique Sainte Anne (la mère de la vierge Marie), Béthanie où Jésus aimait aller voir son ami Lazare, ses sœurs Marthe et Marie ; singulières vallées du Cédron, vastitude de la Géhenne en proie aux incendies, mais où l’on brûlait aussi les ordures et des cadavres.
J’ai aperçu l’église de Saint-Pierre en Gallicante sans être sûr d’y être entré ; en revanche, quand nous montions la Via Dolorosa, j’ai vu d’assez près l’ensemble de bronzes représentant Pierre, un soldat de Caïphe, la femme qui démentait Pierre, la stèle juchée du coq qui aura chanté trois fois avant le reniement du Maître par son serviteur. « Non novi illum ! » ; l’inscription est en latin, je ne sais pas si Simon, dénommé Pierre, parlait cette langue, mais la peur avait provoqué en lui une lâcheté dont l’impact, la force d’impact, se ressent dans le syntagme Non novi illum : je ne le connais pas, je ne connais pas celui-là !
Grosses émotions au Carmel du Pater : les murs du cloître sont tapissés de cette prière en presque toutes les langues du monde ; dès l’entrée, mon regard tombe sur le Pater Noster en yoruba, langue de ma grand-mère maternelle et mes larmes coulent, sans que je m’en aperçoive ; plus loin à droite, la même prière, en fongbé, ma deuxième langue maternelle; j’ai senti que l’émotion me faisait fondre de retrouver des traces de mes racines en Israël ; d'avoir découvert tant de lieux historiques, bibliques ou non et touché du doigt certains objets authentiques donne envie de lire ou de relire la Bible.
Pesanteur et involution de tristesse dans le Jardin de Gethsémani où j’eus l’impression que s’exfiltraient de tout mon être un air des moines de Solesmes et des passages de l’Evangile de Saint Jean. Il y a longtemps, indescriptible était l’impact du mont des Oliviers sur ma sensibilité quand je lisais Saint Jean ou Saint Luc ; avoir vu ces lieux de si près lors de ce pèlerinage a provoqué une sorte de catalyse. Comment l’analyser ? Est-ce que ça en vaudrait la peine ? « N’y touche pas », avais-je déjà soliloqué à Jérusalem.
Vu les quartiers arménien, juif, musulman ; observé une fête de juifs joyeux se rendant à un culte
Quid du Dôme de la Roche ? Magnifique sur le Mont du Temple où, à la demande de Yahvé, Abraham allait sacrifier son fils Isaac ? J’en dirais simplement : dans sa masse d’or scintillante dans l’espace, la coupole du lieu du culte musulman semble régner sur Jérusalem ; fils d’une Grande Dame, Grande Prêtresse vodún et coryphée hors du commun3, mais catholique qui a lu et relit le Coran, franc-maçon de la Grande Loge unie d’Angleterre depuis plus d’un demi-siècle, il m’aurait plu, vraiment plu d’entrer dans cette mosquée.
Au Mur des lamentations, je me suis coiffé d'une kippa, afin de me recueillir, les mains à plat sur cette forteresse du judaïsme ; ensuite, ne pas aller dans le mausolée du Roi David, m’incliner devant son tombeau et le toucher eût été une faute : le souvenir de mes lectures de ses psaumes et leur impact ressenti à certains moments de ma vie, mes lectures des problèmes de ce roi avec son fils Absalon, ses aventures amoureuses avec Bethsabée, la femme d’Urie, le guerrier héthéen, enfin, plus près de nous, Davidde penitente, de Mozart4, m’ont porté vers l’impressionnant tombeau drapé de velours rouge brodé de phrases en hébreu et de l’étoile dite5 de David.
À coup sûr, je retournerai en Israël après y avoir prié, beaucoup prié pour le développement social, l’évolution culturelle, l’éradication de la corruption, pour le règne de la liberté, de la Démocratie, de la Justice et pour le bonheur de mon pays natal.
2 Je faisais partie des écrivains et journalistes dont Simon Kiba, Charles Gros, etc. invités par Willy Brandt.
3 Cf.sa voix est audible grâce à un lien de la première page de mon site :www.obhelyquenum.com
4 Cantata. KV 469.
5 Liliane Blum en donne une autre interprétation.