RÉÉVALUATION DE LA CULTURE AFRICAINE. |
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RÉÉVALUATION DE LA CULTURE AFRICAINE ET DÉVELOPPEMENT SOCIO-ÉCONOMIQUE CHEZ OLYMPE BHELY-QUENUM
Par Matthew O. IWUCHUKWU |
Par ses écrits littéraires, Olynipe Bhêly-Quenum[1] sest montré préoccupé surtout par les malaises dordre culturel et socio-économique qui sévissent en Afrique contemporaine, comme la plupart de ses confrères écrivains africains. Il cherche probablement à amener son public-lecteur (notamment les Africains) à y trouver des solutions raisonnables et durables, en vue du développement des pays de ce continent. Nest-ce pas pour cela quil entend se livrer à la « recherche dune Afrique réelle, toujours actuelle », tel que signalé dans sa préface à Un enfant dAfrique (p. 4), son troisième roman? Cet article se propose de cerner dans ses récits, sa vision culturelle, et ce, dans une perspective du développement socio-économique pour lAfrique de demain. Notre réflexion porte précisément sur ses quatre romans qui, malheureusement, sont encore peu connus dans leur ensemble, à savoir Un piège sans fin, Le chant du lac, Un enfant dAfrique et LInitié.[2]
LANTHROPOPHAGÎE ET LA MORT CULTURELLES
Dans les uvres de Bhêly-Quenum, on trouve dinnombrables indices de lanthropophagie culturelle, modèle théorique de lécrivain brésilien Oswald de Andrade ayant servi de cadre à létude du Professeur Fernando Lambert (Lambert,1988, pp.221-300). Un piège sans fin, son premier roman, par exemple, nous présente des villes coloniales situées dans le sud du Dahomey telles Cotonou et Ganmè, milieux-symboles par excellence de la rencontre entre lafricanité ancestrale et la civilisation occidentale, et où, dans un rapport vertical culture dominante/culture dominée, la culture étrangère dévore la culture négro-africaine traditionnelle. Alors, ce récit soulève à travers la ville des problèmes de déculturation et daliénation culturelle, la culture africaine dominée sétant irrésistiblement assimilée à la culture dévorante.
Voilà, à mon avis, la problématique que traduit particulièrement le portrait symbolique de la jeune Africaine Anatou, épouse même du héros cultivateur-chanteur, Ahouna, tous deux originaires et habitants de la campagne qui se trouve dans le nord traditionaliste du pays. On remarque quavant leur mariage, cette femme a séjourné pendant longtemps dans une des villes assimilatrices du Sud, contrairement à son mari qui na jamais quitté le Nord forestier. Elle semble avoir subi là-bas une métamorphose psychologique profonde, cause principale, dirait-on, du problème dramatique du ménage conjugal de ce jeune couple. Daprès le témoignage de son mari, angoissé, elle a « longtemps vécu dans le Sud dont [elle a « soigneusement copié les habitudes, les façons de parler tout à fait différentes des nôtres », cest-à-dire, à ses yeux, celles des « gens de Cotonou et des grandes villes du Sud corrompues par les subtilités des toubabs » (PF, pp. 118-119).
Cest ce que confirme avec regret sa propre mère, Ibaya: « Nous avons eu tort de lavoir fait trop longtemps vivre dans te Sud: elle en a copié [ ] les subtilités bêtes quon appelle là-bas intelligence, et toutes les insolences » (ibid., p. 131). Et son père la traite de fille dénaturée » en ville, personnage incapable de réintégrer le cadre naturel quest ta campagne.
Par ailleurs, lagressivité harcelante dAnatou à lendroit de son époux (phénomène anormal rare dans la campagne) est hypothétiquement liée à lhistoire de ses « amours premiers » de célibataire, celle de ses relations intimes avec « un certain Poullo fort élégant habillé à la toubab », son « premier amour » très séduisant qui est peut-être toujours présent dans sa vie intérieure (ibid., pp. 132-133).
À la suite de laltercation familiale répétée, le protagoniste du roman, déprimé, se verra obligé de fuir malgré lui le foyer conjugal -une sorte de prison infernale- pour déambuler désespérément sans nourriture dans la campagne. De plus, à son arrivée au bord dun fleuve avoisinant, il tuera là-bas, sans préméditation, une femme autochtone (Mme Kinhou) confondue avec la sienne (Mme Anatou). Mais cet homicide involontaire lui coûtera la vie, car il sera aussitôt arrêté, torturé, emprisonné à Ganmè par ladministration coloniale, et finalement, par vengeance, enlevé de la prison et brûlé vif sur un bûcher par Houngbé, frère de la défunte, avec la complicité de trois autres « rebelles » de Zounmin (ibid., pp. 233-254).
La mort du héros Ahouna paraît très riche en connotations symboliques. Elle peut signifier, dune part, la mort de ses propres valeurs personnelles, avec ses points forts et faibles (ses qualités et défauts), dautre part, la mort de certaines composantes valables de la tradition orale quincarne ce personnage dans luvre. Nest-ce pas pourquoi son beau-père et son beau-frère (Fanikata et Camara) prévoient enterrer, dans le cadre des obsèques funéraires, ses os et ses instruments de musique au pied du mont Kinibaya, conformément aux coutumes ancestrales du milieu? (ibid., p.254). À ces répercussions psycho-psychiques tragiques de lanthropophagie culturelle se greffe son impact socioprofessionnel et économique, marqué par lexode rural et la quasi-disparition ou léloignement du métier dagriculteur dans le village, même avant sa mort, étant donné que cette occupation est beaucoup moins rentable par rapport aux métiers de la ville tel que le commerce. Aussi note-t-il que dans son village natal, Kiniba, son confrère-cultivateur, Assani est devenu un grand colporteur « bien plus passionné du commerce et du vagabondage que de lagriculture » (ibid., p. 76).
AU-DELÀ DE LA MORT: UNE VIE NOUVELLE
Il y a lieu de signaler que sur les plans culturel et socio-économique, la mort du héros dUn piège sans fin nest pas pour autant un cul-de-sac, dautant plus que lhistoire de luvre se poursuit de façon explicite dans Le chant du lac dont le texte commence par la mort symbolique de Houngbé, le principal assassin dAhouna (CL, pp. 11-32) - et, implicitement, dans les autres romans de Bhêly-Quenum. Cette histoire ne saurait être non plus « profondément pessimiste telle que décrite par Georges Pigeon (Pigeon, 1973, p. 55). A lère coloniale tumultueuse, la mort de lAfrique ancestrale simposait, comme le soutient P. Nkashama Ngandu: « Il avait fallu que lAfrique traditionnelle meure pour quelle ressuscite dans une vie nouvelle qui soit sans désenchantement [ ] Ce nest pas un hasard si tous les héros de ces premiers romans meurent de mort violente » (Nkasbama, 1977, pp. 77-78)[3].
On peut donc dire que, symboliquement, la mort culturelle savère essentielle à la survie et au renouvellement de !africanité ancestrale dans les uvres de Bhêly-Quenum, même si, aux yeux du lecteur, cette assertion parait un peu paradoxale. La vie nouvelle désirée en matière de culture impliquerait ainsi labandon des éléments de la tradition susceptibles de nuire (ou qui nuisent) au développement socio-économique en Afrique. Le héros intellectuel africain engagé de LInitié, Kofi Marc Tingo, confiera la pensée suivante à un de ses amis denfance (Messan), en regard de la crise de croissance pluridimensionnelle de lAfrique actuelle : « lheure était en train de sonner pour lAfrique tout entière [ ] : procéder à un profond recyclage et purger notre pays de mystères inutiles » ( I, p.131).
Ce processus se verra déclenché par la mise à mort extraordinaire des dieux lacustres anthropophages du Chant du lac , divinités fétichistes absolument néfastes dans lesprit singulier du récit (CL, pp. 11-l36)[4]. Ceci représente en effet la réalisation posthume du rêve de Houngbé, esprit révolutionnaire « progressiste », daprès le monologue intérieur du moribond transposé par son compatriote Cofi, un des étudiants africains en France rentrés passer les vacances dans leur village natal, Wésê:
« Tout nest pas fini! je reviendrai [ ] Je reverrai Zoumin, jirai à Wésé, village de ma mère, je détruirai les dieux. je tuerai ceux du lac. Oh! grands dieux du lac qui ne chantera plus! Je guérirai les gens de la peur et ils vivront libres! Oh! libres merveilleusement » (ibid.. p. 21).
La métamorphose de cette vision poétique en une réalité imaginaire est rendue possible, grâce â lintervention idéologique des jeunes étudiants révolutionnaires autochtones en mi lieu rural, et à sa mise en exécution dans le lac par une équipe de quatre villageois audacieux (ibid., pp. 119-136), soit la jeune héroïne Mme Ounéhou, ses deux enfants et son piroguier Fanouvi. Cet événement tragique se veut un instrument de démystification du pouvoir plus ou moins absolu des dieux du lac, outil permettant à luvre de dénoncer sans ménagement la « peur qui semble se confondre avec la foi des adeptes du fétichisme dans le récit du narrateur. Parallèlement, le narrateur dUn piège sans fin, M. Houénou (socio-archéologue africain) compare la redoutable puissance de certains dieux africains à celle des dieux dailleurs, dans les mythologies gréco-latines et hindou. Il soutient que les dieux, quils soient grecs, romains, hindou ou africains, « nexerceraient pas sur la destinée des hommes plus de pouvoir quils nen détiennent en réalité, si les hommes eux-marnes ne contribuaient pas à les rendre trop puissants » (PF, p.244). De même, LInitié sattaque à des problèmes particuliers dordre spirituel et psychologique qui constituent une entrave à la pratique de la médecine moderne dans la ville africaine dOukô (I, pp. 111-137). Ainsi, la profession du héros Kofi-Marc Tingo, médecin-psychanalyste indigène, « lopposait sans cesses [sic] aux interdits de Fa Aidégoun [oracle collectif], quaucun des autres médecins africains dOukô nosait transgresser, par crainte dattirer sur soi des calamités du monde nègre [ ] » (ibid., p.115). On condamne aussi lintransigeance de lostracisme régnant dans le village de Zounmin dUn piège sans fin et du Chant du lac ( PF, pp. 214-232; CL, pp. 20-21). En dautres termes, il est dans les uvres de Bhêly-Quenum ce que lon pourrait appeler des relents de la tradition africaine, éléments qui devraient être éliminés et remplacés par les valeurs rénovatrices du passé ancestral et du présent moderne. Doù la quête des nouvelles connaissances à laquelle se livrent les enfants romanesques autochtones (symboles de lAfrique nouvelle rêvée) tant dans le cadre rural africain du passé que dans lunivers scolaire moderne, notamment dans ceux dUn enfant dAfrique. Dans son article, Adrien Huannou fait allusion à la fonction didactique et sociale de ce récit qui, daprès le sous-titre de louvrage, sadresse avant tout aux « lecteurs et lectrices de dix à quatorze ans »:
« On se rend compte, en lisant ce roman[ ] quun livre pour enfants doit éduquer [spirituellement], moralement, intellectuellement et politiquement, cest-à-dire viser à faire acquérir, aimer et cultiver les qualités (bonnes manières, amour du travail bien fait, application, etc.) et détester les défauts (sans-gêne, impolitesse, grossièreté, etc.), contribuer à léveil de la sensibilité et de la curiosité et au développement du sens civique et patriotique [ ]» ( Huannou, 1983, p. 48).
Le héros du roman, Ayao, apparait en quelque sorte comme un enfant modèle, représentant idéal des autres personnages de sa génération en milieu africain, où il a évolue depuis sa naissance jusquà son adolescence. Là, il recevra à la fois lenseignement de lunivers familial traditionnel et celui de lécole nouvelle. Il sera initié à la tradition orale de sa région champêtre natale, en particulier aux vertus spirituelles et morales du conte mytho-légendaire de sa vieille grand-mère, Nam Alaya (EA, pp. 159-162), ainsi quaux diverses activités pédagogiques formatrices de lécole primaire élémentaire dAféjou et de lécole primaire supérieure Montaigne (ibid., pp. 144-157, 191-210, 241-243). Il pourra bénéficier également de celles de lécole William Ponty de Dakar, après ses études primaires, en vue de devenir instituteur comme M. Assani Lalêyê, son jeune maître-idole aborigène à lécole dAféjou.
LA VISION BINOCULAIRE DU ROMANCIER
Alors, pour étendre son bagage culturel quil mettra tôt ou tard au service de sa patrie africaine en voie de développement, Ayao saura se dépasser. Cest dire que dans sa quête des nouvelles valeurs, il ira au-delà de sa région rurale natale pour atteindre des nouveaux centres scolaires en milieu urbain, et ce, afin dacquérir les valeurs constructives de la civilisation occidentale dont fait léloge M. Assani Lalêyê, porte-parole du romancier lors de la « distribution solennelle des prix » scolaires à Aféjou:
« Grâce à lécot; vous [élèves] avaient été imprégnés dun certain savoir-faire, dune instruction, voire dune culture qui, dans la vie, vous distinguent de tous ceux qui nont pas eu la même chance que vous. Ce sont vos parents ici réunis qui vous ont donné cette chance [ ]. Ils vous font voir très loin en vous envoyant à lécole où nous vous instruisons de notre mieux. Vous devez, à votre tour, essayer de leur ouvrir la porte de votre modeste savoir en leur faisant connaître quelques rudiments de la langue française [ ]. Tâcher dalphabétiser vos parents [ ] (ibid., pp. 206-207). »
Accueilli par des tonnerres dapplaudissements, de la part du public-auditoire nombreux, le discours de M. Lalêyê évoque parallèlement le besoin réel des connaissances qui découlent de différents programmes détudes supérieures, visant la formation « des professeurs, des médecins, des ingénieurs, des avocats, des techniciens, des industriels, tous gens dont le savoir et les activités contribueront au développement et à lheureux avenir de lAfrique actuelle ( loc.cit.).
Cest dans ce cadre que se situe, par exemple, la formation du héros de LInitié, Kofi-Marc Tingo, en médecine et en parapsychologie dans une université française, comme le révèle le « prologue » de ce roman ( I, pp. 9-53). Au terme de ses études en Europe, il retourne dans son pays natal en Afrique, avec sa femme française, Corinne, médecin elle aussi. Comme nous lavons mentionné, il exerce le métier de médecin dans la ville dOukô, en collaboration avec son épouse et une équipe dinfirmiers et « daide-infirmiers » quil a embauchés, le tout pour le compte de sa propre clinique privée (ibid., pp.111-126). Il faut signaler que le docteur Tingo représente ici lesprit rêvé de la nouvelle intelligentsia africaine. Il doit sa réussite professionnelle à sa double approche technique, approche bipolaire (afro-occidentale) impliquant lutilisation de certaines techniques de la pharmacopée traditionnelle africaine et dautres de la médecine moderne, en particulier pour le traitement des maladies « mystérieuses provoquées par la sorcellerie maléfique. Selon la définition dOlympe Bbêly-Quenum lui-même, « LInitié, cest celui qui connaît son milieu, qui a des secrets initiatiques [ ], qui exploite la connaissance des feuilles, des herbes, des racines de la pharmacopée au profit du peuple » (Bhêly-Quenum, 1982, p. 11). Notons que le jeune guérisseur-médecin du roman tient son savoir extraordianaire dinitié de son oncle Atchê, son maître traditionnel denfance. A la lumière de ces détails, on trouve que sur le plan idéologique, Olympe Bhêly-Quenum suit la voie dune grande majorité de ses confrères - écrivains négro-africains, qui:
« tentent de fondre le passé dans le présent, et de se servir de la résultante pour illuminer lavenir. Cette démarche [ ] est celle que suivent nos artistes pour créer de nouveaux concepts, élaborer des systèmes didées, susciter de nouvelles attitudes, des comportements et des habitudes alliant les vertus anciennes aux valeurs saines de lAfrique contemporaine. Nest-ce là, déjà, une définition possible didéologie » ?
(Dailly, 1977, p. 43).
Ceci justifie lexaltation des valeurs ancestrales et modernes africaines dans les romans de Bhêlyy-Quenum. A cet égard, Pierre Mèdéhouegnon reconnaît pertinemment quUn piège sans fin véhicule [ ] un message discret denracinement traditionnel qui sera repris et amplifié dans les autres uvres, notamment dans LInitié »; et il enchaîne que pour lAfrique nouvelle de notre romancier, « il y a nécessité daffirmation de lidentité culturelle, certes, mais il y a aussi nécessité douverture vers les autres races et civilisations », en particulier celles de lOccident, daprès son texte (Mèdéhouegnon, 1983, p. 53).
CONCLUS ION.
En conclusion, Olympe Bhêly-Quenum se révèle à travers ses uvres comme un écrivain profondément engagé sur les plans culturel et socio-économique. Optimiste quant à lavenir de lAfrique actuelle aux prises avec des problèmes de croissance culturelle et économique, il préconise une espèce de symbiose équilibrée entre deux voies de développement distinctes mais complémentaires, dune part, celle de lAfrique paysanne folklorique, celle de lenracinement dans les traditions et coutumes considérées comme les racines et fondements culturels de notre nature de Nègres » (Bhêly-Quenum, 1981, p. 141), dautre part, celle du Nord, du recours à léducation, à la science et à la technologie industrielle modernes. Cest ce que nous suggère particulièrement la vision binoculaire inter-culturaliste de deux de ses porte-paroles, quêteurs enracinés et engagés, à savoir le héros dUn enfant dAfrique, Ayao, futur instituteur, et celui de LInitié, Kofi-Marc Tingo, guérisseur-médecin, dont la « foi avait été, tôt embrigadée par les secrets hérités de loncle Atchê ; puis, plus tard, par la parapsychologie, la psychanalyse et la médecine générale ». ( I, pp. 95-96).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
BHELY-QUENUM, Olympe (1981). « La littérature du pays profond ». Le Mois en Afrique, Paris, no 190-191, pp. 141-149, (1982). [Intervention dans] Jacques Chevrier, animateur, débat organis6 par CLEF:. Ecriture noire en question » Notre Librairie, Paris. no 65, pp. 7-16.
DAILLY, Christophe (1977). « Vers une ré[é]valuation idéologique de la littérature négro-africaine ». Revue de littérature et desthétique négro-africaines ». Abidjan, no 1, pp. 31-43.
GERARD, Albert (1977). Etudes de littérature africaine francophone. Dakar-Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines. 175 pp.
HUANNOU, Adrien (1983). « Lenfant et lenfance dans Je roman béninois ». Notre librairie, Paris, no 69, pp. 46-50.
IWUCHUKWU, Matthew O. (1983). La conception de la mort dans la littérature négro-africaine, mémoire de maîtrise (inédit). Jos, University of Jos (Nigeria), 110 pp.
LAMBERT, Fernando (1988). « Anthropophagie culturelle et décolonisation du texte littéraire africain,. Revue canadienne des études africaines, Toronto, Vol. 22, no 2, pp. 291-300.
MEDEHOUEGNON, Pierre (1983). « Olympe Bhêly-Quenwn entre lanimisme et le christianisme » Notre Librairie, Paris, no 69, pp. 51-57.
NKASHAMA, Ngandu P. (1977). « Le roman africain moderne: itinéraire vers la folie ». Présence Francophone, Sherbrooke, no 15. p. 77-92.
PIGEON. Gérard Georges (1973). « Le thème de fa fatalité dans le roman dOlympe Bhêly-Quenum: Un piége sans fin » Présence Francophone, Sherbrooke. no 7, p. 54-59.
[1] Rappelons que cet auteur béninois, ancien professeur de lettres et diplomate, est aussi critique littéraire, journaliste et sociologue. Dans les années 60, il a fondé à Paris la maison des Editions SAGEREP où il publiait le journal LAfrique actuelle.
[2] Olympe Bhêly-Quenum, Un piège sans fin (1960), Paris, Stock ; Le chant du lac (1965), Paris, coll. »Ecrits » Présence Africaine ; Un enfant dAfrique (1977), Paris librairie Larousse ; LInitié (1979) Paris, coll. « Ecrits, Présence Africaine. Toute référence à ces ouvrages est désormais désignée par leurs sigles respectifs suivants entre parenthèses : PF,CL,EA et I. Cest nous qui soulignons.
Neohelicon XVIII2. Akadémiai Kiado, Budapest. John Benjamins B. V., Amsterdam
[3] Au sujet de la fonction symbolique de la mort romanesque dans le contexte africain, nous pouvons consulter également la conception de la mort dans littérature négro-africain. (Iwuchukwu, 1983, p. 47-57)
[4] Par contre, envisagée plus spécifiquement sous loptique idéologico-religieuse intrinsèque de luvre, cette vérité imaginaire traduit bel et bien le parti pris pro-monothéisme chrétien du récit, comme en témoigne discrètement « Le fonctionnement du mythe dans Le chant du lac » ( Emeto, 1987, p. 23): « Lauteur sen prend à la multiplicité des dieux dans la religion traditionelle [africaine]. Il nie lexistence dun Être suprême et dune hiérarchisation dans la cosmogonie africaine [ ] contrairement à un consensus dopinion sur le sujet. [ ] ». Il faut préciser que mon essai na pas lintention daborder ici la problématique de lidéologie religieuse dans lensemble des uvres de Bhêly-.Quenum