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Olympe BHÊLY-QUENUM'S WORKS DESERVE TO BE KNOWN
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DE L'IDENTITÉ NATIONALE...QU'UN SANG IMPUR

DE L’IDENTITÉ NATIONALE : QU’UN SANG IMPUR…

MARÉCHAL, NOUS VOILÀ !

 

 

Par Olympe BHÊLY-QUENUM

 

 

À l’école de la Mission catholique de Ouidah 1( Bénin) que je commençai de fréquenter à l’âge de six ans, deux prières en fongbé : Notre Père qui êtes aux cieux…Je vous salue Marie étaient de rigueur au début et à la fin de chaque journée ; admis à l’école laïque quand j’étais supposé avoir dix ans, les instituteurs nous faisaient chanter la Marseillaise ; nous n’y comprenions pas grand-chose mais il fallait brailler l’hymne national de « La Mère Patrie ». Prompt à poser des questions, fussent-elles inconvenantes, je dis un jour, en fongbé2, à mon père qui, bien avant ma naissance, s’était « défait des affûtiaux de la culture française » :

- Pourquoi on dit sang impur  dans la Marseillaise?

- La France et l’Allemagne étaient en guerre ; le sang impur désignait l’ennemi, répondit- il.

- Est-ce que ça veut dire que le sang des Allemands n’est pas pur ? A l’école, le Maître quand il parle des yovo3 , il dit qu’ils sont Anglais, Allemands, Belges, Français, Italiens, Portugais, etc., les autres , ils sont de sang pur s’ils ne font pas la guerre à la Mère Patrie ?

Mon père sourit, invita son frère Joseph, un instituteur, à écouter « une question d’Agblo Tchikoton ».Mon discours réitéré, oncle Joseph conclut : « début d’un rebelle…est-ce qu’il tiendrait de quelqu’un? » J’ignorais à qui il faisait allusion mais je m’enquis :

- S’il y a des Yovo de sang impur, qu’est-ce que sont les mε wiwi4 même s’ils ne leur font pas la guerre ?

L’oncle Joseph rit et s’éclipsa ; vint un jour où la ville criait que la France était en guerre ; un recensement brutal5 en fut le corollaire en A.O.F ; des membres de mes familles maternelle et paternelle ayant été embarqués pour Xù gùdò6 , je restais bouche cousue quand l’instituteur entonnait la Marseillaise. Il y eut aussi « Maréchal nous voilà » ; dès le premier jour, je refusai crânement de chanter.« Fierté et orgueil de grande famille, moi aussi j’aimerais faire comme toi », devait avouer Monsieur Batoko qui nous initiait à cet hymne nouveau dont il martelait les phrases ; je fus renvoyé de l’école laïque ; mon père ne me réprimanda pas mais je fus réintégré sans savoir trop pourquoi ; en l’occurrence, il expliqua brièvement à quelques-uns de ses enfants des faits de sa décision de « renoncer les affûtiaux de la civilisation7 des yovo » Au 14 juillet, Jacob Adégun, Directeur de l’Ecole régionale de Ouidah, déclarerait dans son discours : «… la dignité, c’est de dire non quand il est légitime de dire non !»

 

Arrivé en France en 1948 en gardant la tête froide, j’éprouvais néanmoins des sensations qui me faisaient aimer ce pays comme si j’en étais amoureux ; 1949 fut une aubaine : rencontre avec André Breton8 qui me jetterait à l’eau sans se soucier de savoir si je savais nager ; à l’entrée de la rue Vaneau, un jour où j’allais rejoindre des camarades à Saint-Germain-des Prés où je m’imprégnais de Paris9, je reconnus André Gide et le saluai ; à Antibes, mon cousin Lucien Quenum, ancien marin, me présenta à Nikos Kazantzakis dont je lirai plus tard nombre des ouvrages traduits en français ; découvrant ainsi la France, je chantais La Marseillaise quand c’en était l’occasion  ; en Normandie (Avranches, Granville, Coutances, Caen ), en Bretagne aussi naissaient des camaraderies, voire des amitiés dont plusieurs perdurent ; je me sentais Français sans m’être essouché de mes racines muées en rhizomes coriaces que je nommerais L’Afrique des profondeurs.

 

Sur le wharf de Cotonou, à l’heure de mon départ, mon père me donna trois avertissements:

1° souviens-toi toujours que ton prénom d’Agbasáyíyí10 est Agblo Tchikoton ; 2° n’oublie jamais que tu es un arrière-petit-fils du prince Agboglofa Anikokou Azanmado HOUENOU, ce nom que le défaut de prononciation des yovo a transformé en Quenum ; 3° n’accepte aucune humiliation et reviens au pays, si la blessure atteint ta dignité et ton âme.

 

J’eus l’impression qu’il avait tranquillement soulevé un fardeau écrasant qu’il posa sur ma tête, mais je tenais bon ; n’étant pas boursier du Dahomey, ni de la France d’Outre-Mer, je partais en jeune homme libre, financièrement indépendant, équipé pour réussir ma vie en France, prêt à aller ailleurs en Europe, voire aux USA, si je rencontrais trop de handicaps dans « La Mère Patrie » Fils de famille ? Imbu de ma classe sociale ? Onzième enfant d’un excellent lettré qui m’avait écrit : «…le philosophe Emmanuel Mounier était chez nous, il a vu beaucoup de personnalités, j’ai échangé quelques idées avec lui… », le polygame qu’était Paul Kpossy-Gbhêly-Quenum ne favorisait aucun de ses enfants au détriment des autres ; aussi me donna-t-il une pièce symbolique ; qu’à cela ne tienne, je comptais sur mon avoir, en outre, ma mère, Grande Prêtresse vodún, était aussi une commerçante aisée.

« Sujet français. », c’est au titre de citoyen français que je fis mes études secondaires à Avranches, les supérieures à Rennes et à Caen. ; un de mes camarades du collège Littré, à Avranches, est devenu membre de l’Académie française ; quand nous nous étions revus lors d’une rencontre des anciens de ce collège, l’ophtalmologue célèbre qu’est le professeur Yves Pouliquen dont j’avais connu la mère ainsi que les frères ne changea rien dans nos habitudes d’autrefois : tutoiements, évoquant des souvenirs, etc.; je fis allusion à un geste de sa mère à mon égard ; ému, il me présenta à son épouse qui assista à notre conversation ; je pourrais citer une cinquantaine de retrouvailles: Salon du Livre de Paris 2007. Yves Guermond, agrégé d’histoire, professeur émérite de l’université de Rouen, chercheur au CNRS, découvrit mon nom parmi les exposants et vint à mon stand : embrassades, rires, rappel de souvenirs, il fut le premier à présenter Un piège sans fin11, dans une revue chrétienne ; Francis Fouet, arrière-petit-neveu de Flaubert et son épouse (Guadeloupéenne), condisciples à la faculté des lettres de Caen, demeurent des amis ; plus de trente ans de leur vie d’enseignants au Sénégal n’ont pas créé le moindre accroc dans le tissage de 1955-1956. À la même époque se situe ma rencontre avec Catherine Laurence, de souche aristocratique normande; nous nous étions revus à Rome quand, agrégée de lettres, elle y enseignait et que j’effectuais un stage en diplomatie à l’ambassade de France ; un reportage que Midi Libre m’avait consacré lui permit de savoir ce que j’étais devenu et elle m’écrivit ; les relations de condisciples deviendront celles d’amitié avec Catherine et Roger Marès, son époux ; membre éminent de l’Académie de Nîmes, Catherine Marès suscita ma candidature de membre correspondant, m’inviterait à plancher sur Discours sur le colonialisme. Autant pour satisfaire le désir d’une amie française bon teint, que pour faire découvrir à ses élèves un très grand écrivain négro-africain, je me replongeai dans les 70 pages de l’extraordinaire opuscule d’une facture exceptionnelle que j’avais lu et relu quarante ans plus tôt; quel bonheur que de se sentir rajeunir ! Les mots et phrases soulignés, les annotations dans les marges m’ont fait revivre le militantisme auquel Césaire m’avait comme initié avant nos conversations avec Alioune Diop12, parlant littérature, politique, ou d’Afrique, etc.

Dans l’amphithéâtre pléthorique d’un lycée privé, j’analysai la philippique d’Aimé Césaire : choix et poids des mots parfois rares, rythme des phrases dans la confrontation avec les promoteurs du colonialisme, beauté de la langue française quand la négritude, l’ayant maîtrisée, la fait sienne et l’arme de son combat pour embraser le monde, subtilités, ruses et pièges de la syntaxe, Aimé Césaire campa et imposa son identité nationale de Négro-Africain ; l’amphithéâtre du lycée nîmois l’applaudit.

*

J’ai retrouvé dans mes archives une photographie des classes de philosophie et d’hypokhâgne, à Rennes ; nous assistions aux cours d’histoire du professeur Jean Delumeau aujourd’hui professeur au Collège de France ; en Afrique, en France, ailleurs en Europe, voire aux USA, il m’arrive de croiser quelqu’un qui s’arrête, m’aborde et dit : « excusez-moi monsieur, vous ne seriez pas …Olympe ? J’ai oublié le nom de famille » Nous recommençons de nous tutoyer en s’enquérant de ce qu’untel est devenu, puis, échange de bristols et le vieux lien d’étudiants reprend force et vigueur. Dans un avion, dans une loge maçonnique à Londres, au Nigeria, au Kenya, Zimbabwe, Tanzanie, je me retrouve parfois nez à nez avec d’anciens camarades.

Que dire de Guy Penn, Paulette Decraene bien avant l’élection du candidat François Mitterrand, de Philippe Decraene, Max Jalade, Monique Thies, Jacques Chevrier, des regrettés Gaston Monnerville, Robert Bine, Gérard Badel, Robert Cornevin, René Dumont ? Ils ont participé de mon identité française d’homme libre d’esprit foncièrement indépendant

L’immersion dans la culture de l’Hexagone qui s’européanisait en moi à cause de mes fréquentations me ferait écrire Années du bac de Kouglo, après ma rencontre en 1949 avec André Breton ; la camaraderie, l’amitié, la jouissance de la liberté me faisaient aimer vraiment la France et je me sentais Français sans omettre que j’étais avant tout Agblo Tchikoton. Claude Wauthier, rendant compte de ce vrai premier roman13, soulignerait : « Dans Années du bac de Kouglo, l’auteur dissèque la société française de l’immédiat après-guerre, dans le Paris de Saint-Germain-des-Prés, quand l’existentialisme sartrien était à la mode […] Kouglo est un jeune lycéen qui découvre Paris ».

 

A la librairie Présence Africaine, une lectrice, sans faire mystère de ses 78 ans m’a dit : « …j’ai beaucoup aimé votre Années du bac de Kouglo et je l’ai fait lire à trois de mes petits-enfants, français bon teint comme leurs parents et grands-parents ; ils m’ont dit l’un après l’autre : « l’auteur a eu beaucoup de chance, on est heureux pour lui mais la France qu’il a connue, ça n’existe plus »; l’aîné a ajouté, assez catégorique : « cette France s’effrite et perd la boule à cause du racisme à peine déguisé de certains politiciens. »

 

J’ai failli approuver son petit-fils en me souvenant de cette déclaration du candidat Nicolas Sarkozy dans Le Monde (13/01/07): « A l’occasion de la prochaine discussion du projet de loi sur le droit au logement opposable, Nicolas Sarkozy a estimé que s’ « il va de soi que les sans-papiers ne doivent pas y avoir accès », il a ajouté : « Je ne souhaite pas non plus que tous les étrangers en situation régulière y aient droit. »

 

Ces propos connotant la xénophobie, l’exclusion, le rejet de l’autre, voire le racisme me ramenèrent à 1958 : professeur de lettres muté du lycée de Coutances au lycée Paul Langevin, à Suresnes, ma peau noire empêchait les propriétaires de me louer leurs appartements pourtant déclarés libres ; mes enfants, métis de mère normande, certains de leurs enfants aussi vécurent cette expérience ; quelle est l’identité nationale de mes petits-enfants, les uns, de mère métis et de père africain, les autres, de mère métis et de père français droit du sol, droit de sang, d’autres, de père métis et de mère allemande ? Quant aux arrière-petits-enfants, il y en a de père tunisien né à Paris, de mère marocaine née à Paris ; peut-être viendra le moment où une loi Sarkozy-Besson dépossèdera ces sangs-mêlés de leur droit du sol ; qui douterait que le souci de ratisser large, de plumer davantage le Front national fait prendre au président de la République française et à son ministre de l’immigration et de l’identité nationale des risques qui génèreront une désaffection imprévisible à l’égard de la France ? Auront-ils le courage d’en assumer les responsabilités ?

*

Un cas de discrimination et de rejet faillit me faire renoncer la nationalité française : postulant un poste moyen à l’Unesco, ma candidature était soutenue par Hubert Maga, L.S.Senghor14 et Gaston Palewski, président du Conseil constitutionnel qui m’avait pris en amitié pendant mon stage diplomatique à Rome, m’invita au Conseil constitutionnel quand il en était le Président, écrivit à mon sujet à René Maheu, Directeur général de l’Unesco ; il m’inviterait aussi à son mariage tardif ; le silence de l’Unesco depuis deux ans me fit demander des éclaircissements au Secrétaire de la Commission nationale française pour l’Unesco ; la réponse fut sans détour :

« Monsieur Bhêly-Quenum, il y a d’abord des Français dont nous devons nous préoccuper, quant aux autres, ce serait dans la mesure du possible. »

« Ainsi, le professeur de lettres muté de Coutances à Suresnes que j’ai été n’était pas français. »

Le masque de l’imbécillité apparut sur son visage et j’ajoutai : « Liberté, égalité ; la fraternité, je la trouve ailleurs mais je ne devais rien et ne devrai rien à la France:»

« Vous vivez en France, monsieur Bhêly-Quenum ! », dit-il sèchement.

« Il y a plus de Français au Dahomey que de Dahoméens en France», rétorquai-je et pris congé de ce haut fonctionnaire.

La suite ? Je fus admis à l’Unesco en tant que Dahoméen ; c’était d’ailleurs l’unique fois que je devais quelque chose à mon pays natal. Vingt-cinq ans plus tard, je lus dans la revue Lire cette déclaration d’Aimé Césaire :

« La III ème République a inventé une doctrine que nous avions tout à fait adoptée. C’était la doctrine dite de l’assimilation, qui consistait, pour être civilisé et ne plus être un sauvage, à renoncer à un certain nombre de choses et à adopter un autre mode de vie. L’assimilation, ça signifie l’aliénation, le refus de soi-même. C’est terrible.[…] Liberté, Égalité, Fraternité: très bien. Mais pourquoi n’a-t-on jamais vu pour nous la fraternité ? Nous ne l’avons jamais eue. Nous avons la liberté, comme on peut l’avoir dans le monde. Il y eut un effort pour l’égalité. Mais la fraternité, où est-elle? Je crois qu’on ne pourra jamais l’avoir, la fraternité. Si tu ne me reconnais pas, pourquoi veux-tu que nous soyons frères ? Moi, je te respecte, je te reconnais, il faut que toi tu me respectes et me reconnaisses. Et là, on s’embrasse. C’est ça, pour nous, la fraternité. »

 

Le problème de l’identité nationale, marotte électorialiste du chef d’Etat français, est plus que préoccupant et ce n’est pas son scribe barrèsien réduit à faire du « copier-coller », comme l’a souligné Le Canard enchaîné, qui l’empêcherait de se mettre le dos au mur ; parodiant son insulte à Bamako, je dirais : « la France ne doit rien aux sangs-mêlés » ; n’empêche, grâce à eux aussi la France est la France partout où elle souhaite être réellement présente.

Dans un vol Air France Paris-Lesbos via Athènes, mon voisin lisait un journal où les graphies et une caricature du président Sarkozy attirèrent mon regard ; comme je déchiffrais les premières phrases de l’article, il voulut savoir si je comprenais le grec ; « je lis mieux le grec ancien… » ;  « je vois, la prononciation érasmienne qui nous amuse, nous les Grecs » « Qu’est-ce qui se passe avec les Français au parlement européen ? » « Oh, leur président agité, plus français que les descendants des Gaulois et qui partout veut imposer ses volontés ; son père est hongrois ; le grand-père ou arrière-grand-père de sa mère était de Salonique, ma région, vous connaissez Salonique?»

Je réfléchis un peu au mélange de sangs chez le fils d’émigrés qu’est monsieur Nicolas Sarkozy, puis me replongeai dans Mes voyages avec Hérodote15 de Ryszard Kapuściński,  écrivain polonais dont les constats ajoutaient aux idées que je devais exposer au congrès auquel j’allais participer à Mytilène, capitale de Lesbos ; envoyé effectuer des reportages en Inde, Ryszard Kapuściński avait constaté et écrivit : « Mon costume neuf était incapable de dissimuler tout ce qui m’avait formé et orienté. Je me trouvais dans un monde merveilleux qui ne cessait pourtant de me rappeler que je n’étais pour lui qu’une pièce rapportée. […] Je me sentais soudain pris au piège. Bloqué par la langue qui m’apparaissait comme une barrière matérielle, physique, une muraille entravant toute progression, m’isolant du monde, m’empêchant d’y accéder.[…] Je pénétrais l’Inde non pas par l’intermédiaire des images, des sons ou des parfums, mais par celui des mots, des mots d’une langue qui de surcroît n’était pas la langue maternelle des Indiens, mais d’une langue étrangère, imposée, à ce point assimilée toutefois qu’elle faisait partie de leur identité […] Mon premier contact avec ce pays fut un combat avec la langue. Je compris que tout univers a son propre mystère auquel il n’est possible d’accéder que grâce à la connaissance de la langue. Sans elle, le monde reste impénétrable et incompréhensible, quel que soit le nombre d’années qu’on y passe. »

Oui, «…des mots, des mots d’une langue qui de surcroît n’était pas la langue maternelle des Indiens, mais d’une langue étrangère, imposée, à ce point assimilée toutefois qu’elle faisait partie de leur identité. » Tel est le constat qui, barrant la route au français, ma langue de travail, ma langue quotidienne en France comme en Afrique francophone, fait surgir parfois des mots et des phrases en fon ou en yoruba, mes langues maternelles, tandis que j’écris en français. C’est ainsi et je proclame : mon identité française sur le palimpseste nègre n’a pas été et ne sera jamais ce que veut le président de la République française ; elle demeurera ce que rencontres, camaraderies, amitiés et la Fraternité des Loges maçonniques ont réussi à façonner ; c’est pourquoi chacun de mes livres m’apparaît comme ce cri de James Joyce dans Dedalus : « Bienvenue, ô vie ! Je pars, pour la millionième fois, chercher la réalité de l’expérience et façonner dans la forge de mon âme la conscience incréée de ma race. »

« Chercher la réalité de l’expérience et façonner dans la forge de mon âme», plonger dans « la conscience incréée de ma race » n’empêchait pas le personnage de Joyce d’orienter son regard vers l’avenir, sa quête connotant bien plus l’aperception de l’authenticité du passé endogène qu’un repli identitaire.

1 Ma ville natale

2 Le fon et le yoruba sont mes langues maternelles.

3 Yovo, mot de la langue fon (Bénin), pour désigner les Blancs.

4 Mε wiwwi expression fon, signifie homme noir.

5 Cet événement est décrit dans As-tu vu Kokolie ? ( La naissance de la folie) refusé par une douzaine d’éditeurs parisiens ; Hubert Nyssen (édits Actes Sud) devait souligner l’originalité de l’écriture et la poésie baroque des amours de Kokolie et de Kopudjêgan, apprécier l’ensemble du manuscrit mais hésitant à le publier, il m’adressa une lettre manuscrite. Jean-Noël Schifano m’avait laissé entendre  :  « au temps de Lambrichts, ton manuscrit n’aurait pas échappé aux éditions Gallimard ».Edité par Phœnix Afrique (autoédition), il y a attiré l’attention de La NRF qui, dans son n°554, publia deux chapitres de As-tu-vu Kokolie ? avec une remarquable présentation de l’auteur par Sylvie Kandé, professeur à New York.

6 Xù gùdò : Derrière la mer, on disait aussi : Yovo tò mέ, c’est-à-dire pays des Blancs.

7 Cf. La phrase est reproduite dans Les Appels du Vodún, saga peu connue en France, mais appréciée au Brésil par Jorge Amado, aux USA, Haïti, Cayenne , Italie (cf. Il Vudu nell’opera di Olympe Bhêly-Quenum),thèse d’Anna Invernizzi (Université de Milan).

8 Cf. Promenade dans la forêt, recueil de nouvelles que je lui dédiai parce qu’il m’avait incité à « transcrire » le rêve que je lui avais raconté.

9 Cf .Années du bac de Kouglo, mon vrai premier roman, écrit entre 1950-1951.

10 Consultation de Fá, l’oracle pour la révélation de l’ancêtre clanique d’un enfant.

11 mon premier roman publié en 1960 (édits Stock, repris par Présence Africaine), qui, sans la moindre publicité, est systématiquement réédité il y aura bientôt 50 ans.

12 Fondateurde Présence Africaine.

13 RFI-MFI . (Radio-France International et Bulletin d’Information)

14 Respectivement présidents du Bénin alors le Dahomey et du Sénégal.

15 Edits Plon.