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Olympe BHÊLY-QUENUM'S WORKS DESERVE TO BE KNOWN
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INTELLECTUELS AFRICAINS ET NEGRO-AFRICAINS DE FRANCE, REVEILLEZ-VOUS !
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INTELLECTUELS AFRICAINS ET NEGRO-AFRICAINS DE FRANCE, REVEILLEZ-VOUS !

par Olympe BHÊLY-QUENUM





Certains intellectuels africains en France préfèrent garder le silence, observer et voir venir ; d’autres militants de tel ou tel parti politique s’interrogent, se manifestent, prennent position sans illusion, convaincus qu’en cas de victoire de leur candidat, les Africains ou globalement, les Noirs seront les dindons de la farce politique. J’ai reçu une invitation du CRAN dont le principal fondateur est mon compatriote ; son père, le Sénateur Lozès, a connu les affres des geôles de l’enfin ex-président du Bénin ; pour avoir soutenu une lutte sans concession contre Mathieu Kérékou, autant dans les médias du Bénin lors de mes séjours que sur mon site et sur l’Internet, je comprends que le CRAN se batte afin que citoyens français, les Noirs, toutes les nuances confondues, ne soient pas sempiternellement relégués dans le noir.



Sous-estimation de nos compétences si ce n’en est pas le mépris ; xénophobie, discrimination raciale, délit de faciès, voire racisme caractérisé que certains écrivains africains-dirais-je hélas ! francophones?- décrivent dans leurs ouvrages qu’un système étouffe, tandis que la médiocrité au regard de biais, profil bas tremblant de malepeur, incapable d’affronter le moindre dictateur de son pays ou de dénoncer les frustrations dont les Noirs sont victimes en France, devient la huppe qu’on couronne et exhibe sur les chaînes de TV.



En août 2006 à Lesbos (Grèce), j’ai souligné cet état de faits dans mon intervention au colloque Être étranger en littérature dont j’étais l’invité d’honneur ; traduite en grec et publiée à Athènes, des lecteurs grecs ont exprimé leur étonnement ; en France, Le Gri-Gri international s’est fait l’écho du texte en français sur son site mais ceux qui n’y ont pas accès ont pu le trouver dans Afrique Education et Cultures contemporaines. Le courage politique est un fruit que j’aime à manger, même cru ; à ma lettre à Monsieur Patrick de Carolis, Directeur de France Télévisions, pour dénoncer les cafouillages et le rejet de la littérature africaine qui ont cours à Télé Matin, j’ai joint la copie de mon intervention à Lesbos. La réponse qu’il m’a fait envoyer est une ineptie parsemée de langues de bois. Vive l’ostracisme de la littérature africaine d’expression française !

*

Se résigner parce qu’on a été floué, c’est s’acagnarder dans le statut qu’un système innommable confère à ceux qu’on prétend être ses semblables, tout en évitant de les voir en peinture ; à cette époque de la Présidentielle et des débats, citoyens français, les Noirs de France ont choisi ou hésitent à choisir leur camp ; affichant le mien de longue date, j’attire l’attention de la Négritude sur des faits : étudiant en Normandie, mon premier vote était pour Mendès-France ; j’ai eu ensuite la carte du PSU avant d’assister au Congrès d’Epinay-sur-Seine et de devenir un militant socialiste encarté. N’en déplaise à Le Pen, un tel enracinement politique dans l’Hexagone ne m’a jamais éloigné des problèmes du Dahomey dont j’avais la nationalité aussi avant que mon pays natal soit devenu le Bénin où mon engagement sans calcul dans la politique, la culture et le social était sans équivoque avant 1960.



Comment donc ne pas m’insurger en dénonçant le mensonge de Monsieur Sarkozy montrant du doigt les médecins béninois qui, selon lui, ministre d’Etat-ministre de l’Intérieur, seraient plus nombreux en France qu’au Bénin ? Il faudrait n’être jamais allé dans cette ex-colonie française pour ignorer que rien qu’à Cotonou, ville de plus d’un million d’habitants, il y a plus de 400 médecins béninois dont plusieurs sont propriétaires d’une clinique ; y aurait-il plus de 400 médecins béninois en France ? Outré, subodorant la délation et la discrimination raciale dans le mensonge, j’ai rétorqué sur Internet : « Ces médecins sont français ; certains sont nés français avant que Monsieur Sarkozy soit devenu français ; les grands-pères, pères et oncles de certains d’entre eux avaient fait des guerres qui n’étaient pas des guerres des Nègres, ceux qui y sont zigouillés l’ont été à merci. »



Lors de sa tournée en Afrique, ce ministre aux idées fixes pérora à Bamako : « La France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique. Les flux entre la France et l’Afrique représentent 2% de notre économie. »



Après la récidive de sa sortie contre les médecins béninois en France, les propos ci-dessus du président de l’UMP m’ont fait prendre conscience du fond des choses qui me donnent le sentiment que je suis un étranger en France : autant que le mépris, c’est la négation même de ce que l’Afrique a dû apporter et peut encore proposer à la France ; en 1952, j’ai su -en lisant Histoire de l'Europe- qu’après les accords de Munich, la France affaiblie n’aurait jamais pu se maintenir parmi les grandes puissances, sans ses colonies en tant qu’alliées ; qu’en 2006 -l’inculture ou la mauvaise foi aidant- Monsieur Sarkozy eût proféré un mensonge, des inepties et une insulte face à des Africains dans leur pays m’a fait remémorer cette assertion du philosophe juif Emmanuel Levinas : « Revenir à soi, ce n’est pas s’installer chez soi, fût-on dépouillé de tous acquis ; c’est, comme un étranger, être pourchassé jusqu’à chez soi, contesté dans son identité et dans sa pauvreté même. »[1]



Oui, à Bamako, Monsieur Nicolas Sarkozy avait pourchassé les Nègres jusqu’à chez eux. Fils d’immigré en France après beaucoup d’Africains citoyens français, ce ministre d’Etat manquerait-il de lectures ? Si c’en était le cas, c’est le lieu de souligner la déclaration du très regretté Président François Mitterrand clôturant la Conférence des Prix Nobel réunie à Paris :

« Je sais bien qu’il n’y a pas d’arithmétique du malheur, mais puisqu’il s’agit de chiffres, je voudrais évoquer le problème de la dette du Tiers- Monde, et d’abord le terrible constat : ce ne sont pas les pays du Nord qui contribuent à financer les pays du Sud, mais l’inverse. La Banque Mondiale vient de le confirmer : en 1987, comme en 1986, les « transferts nets » des pays du Sud vers les pays du Nord ont atteint près de 30 milliards de dollars. »



En 1994 - réunion du Groupe des Sept pays les plus industrialisés- le même Président Mitterrand, qui avait personnellement répondu à une de mes lettres, stigmatisant derechef l’échange inégal entre le Nord et le Sud ainsi que l’augmentation de l’endettement du Sud, malgré l’importance des remboursements, devait déclarer :

« Vous savez qu’en dépit des sommes considérables affectées aux aides bilatérales et multilatérales le flux des capitaux qui viennent d’Afrique vers les pays industriels est plus important que le flux des capitaux qui vont des pays industriels vers ce continent. »



Ecrivain africain francophone, il ne me déplairait pas que le ministre d’Etat Nicolas Sarkozy réfléchisse à mes propos que voici qu’un grand quotidien de l’Hexagone a déjà refusé de publier : après l’indépendance des pays africains dont « la France, économiquement, n’a pas besoin », la cote de la langue française longtemps lourdement en berne dans les organisations internationales, y a fait des pas de géant sans jamais inquiéter la langue de Shakespeare ; « la question de la langue devrait primer la question économique »[2], écrivit Joyce ; eh bien ! et si les Nègres francophones cessaient de parler français? Et si ceux d’entre nous qui maîtrisent aussi bien l’anglais que le français décidaient de s’exprimer en anglais dans les séminaires, symposiums, colloques où les deux langues sont utilisées? Et si, Africains francophones, nous apprenions le kiswahili, langue officielle de l’Union africaine, afin de nous entendre entre nous? Monsieur Sarkozy s’apercevrait-il que la France n’avait pas besoin de l’Afrique ? C’est un défi qu’il serait opportun qu’il relève dans sa campagne électorale.



Autre chose m’inquiète chez cet homme depuis que j’ai lu dans Le Monde (13/01/07) : « A l’occasion de la prochaine discussion du projet de loi sur le droit au logement opposable, Nicolas Sarkozy a estimé que s’ « il va de soi que les sans-papiers ne doivent pas y avoir accès », il a ajouté : « Je ne souhaite pas non plus que tous les étrangers en situation régulière y aient droit. »



Une telle déclaration connote la xénophobie, l’exclusion, le rejet de l’autre, voire le racisme et je me demande : comment en est-il arrivé à ne plus penser qu’il est avant tout un génétiquement étranger naturalisé français, comme, génétiquement, je suis un Africain né sujet français avant de devenir citoyen français sans avoir jamais demandé à l’être ? Citoyen français, professeur de lettres en Normandie affecté dans un lycée de la région parisienne, le délit de faciès faisait de moi un étranger à qui des propriétaires refusaient de louer leurs logements pourtant déclarés libres ; c’était en 1958 ; plus tard, mes enfants, métis de mère normande, nés en Normandie, ont connu le même rejet ; il arrive à nos petits-enfants aussi d’en vivre l’expérience ; qu’en sera-t-il de nos arrière-petits-enfants de père maghrébin né français ? La reproduction par scissiparité est enseignée en botanique ; le souhait de Monsieur Nicolas Sarkozy ne ferait-il pas de nos descendants des « étrangers en situa­tion régulière » qui n’auraient pas droit au logement sur la terre de leur grand-mère et arrière-grand-mère où ils étaient nés ?

*

Qui est Monsieur Bayrou dont je n’ai rien lu avant qu’il soit un candidat à la Présidentielle ? Dénonçant depuis des lustres l’ostracisme dont les moyens d’information de l’Hexagone frappent nombre d’écrivains négro-africains, j’ai découvert que Monsieur François Bayrou avait fait mieux ; voici la preuve empruntée à un opuscule :



« Il n’y a pas de tradition autocritique de l’intelligentsia française. Plus récemment, elle s’est acharnée sur Césaire et Fanon, les deux grands Antillais qui se sont sentis Africains. Quand enfin le Discours sur le colonialisme de Césaire[3] a été mis au programme des classes de terminale littéraire en 1994, le député Alain Griotte­ray a interpellé le ministre de l’Éducation nationale François Bayrou, s’étonnant «qu’une œuvre aussi résolument politique […] osant comparer nazisme et colonialisme soit inscrite au programme de français des terminales». Du coup Césaire, qui devait rester deux ans au programme, en a disparu par un discret décret ministériel de Bayrou de fin juillet 1995. Réac­tion des intellectuels français: zéro. Seul un petit entrefilet du Canard enchaîné souligna cet événe­ment culturel pourtant majeur. Les levées de boucliers sont réservées à la défense de la liberté d’expression d’un Houellebecq. »[4]



Incroyable ! Inouï ! Aimé Césaire rayé du programme ! Aimé Césaire ostracisé. Je ne commenterai pas la citation ci-dessus mais je voudrais rapporter un fait : en 1995 ou 1996, une ancienne condisciple de l’université de Caen, agrégée de lettres et amie qui m’a retrouvé dans le Midi, m’a téléphoné et invité « à plancher sur Discours sur le colonialisme, dans ma classe de terminale » ; je me suis replongé dans les 70 pages de l’extraordinaire opuscule d’une facture exceptionnelle que j’avais lu et relu quarante ans auparavant ; quel bonheur que de se sentir rajeunir ! Les mots et phrases soulignés, les annotations dans les marges m’ont fait revivre le militantisme auquel m’avait comme initié Césaire avant notre rencontre, plus tard, en compagnie d’Alioune Diop[5] ; et nous voilà parlant de littérature, de politique, d’Afrique, etc. Il devait même venir dans mon bureau quand je dirigeais le magazine La Vie Africaine, et qu’il devait témoigner au Tribunal parce que des Antillais avaient subi des sévices …

Autant pour satisfaire le désir d’une amie normande, Française bon teint, que pour faire découvrir à ses élèves un très grand écrivain négro-africain, j’ai lu et analysé des pages du magnifique Discours sur le colonialisme dans la salle pléthorique du lycée privé dont j’étais l’hôte : choix et poids des mots parfois rares, rythme des phrases dans la confrontation avec les promoteurs du colonialisme ; beauté de la langue française quand la négritude en la maîtrisant la fait sienne et l’arme de son combat pour embraser le monde ; subtilités, ruses et pièges de la syntaxe. Voilà Aimé Césaire, le Français né basané dont une des œuvres majeures fut bannie du programme par Monsieur François Bayrou, ministre de l’Education nationale française..



Je le répète, je n’ai jamais rien lu de ce candidat à la Présidentielle ni de Monsieur Sarkozy : j’ignore s’ils connaissent la littérature négro-africaine mais je suis convaincu que Discours sur le colonialisme est un ouvrage pérenne que leurs enfants et petits-enfants n’auront ni peur, ni honte de lire.

*

Que dire de Ségolène Royal, candidate du Parti socialiste pour qui ma femme et moi avons voté au moment opportun ? Elle a écouté et écoute ce que des Africains continuent de lui écrire ; des preuves s’exfiltrent de ses déclarations au Sénégal, Martinique, Guadeloupe, voire à Villepinte où nous étions nombreux au rendez-vous. Une interview de Paul Quilès parue dans Libération n’a pas fait mystère de l’obsolescence de nombre des Accords de coopération entre la France et les Etats africains et malgache d’expression française dont la révision des fondements de plus d’un article, voire l’abrogation, est d’une nécessité drastique. A l’émission de TF 1, la candidate du PS a parlé d’or quand elle a eu dénoncé l’exploitation des matières premières du contient africain qu’on appauvrit ; un Monsieur, à coup sûr de la coterie FrançAfrique, n’a pas pu s’empêcher de grommeler : « je vous en prie…je vous en prie ! »

Qu’on lise donc ci-dessous les textes signés Ségolène Royal pour se rendre à l’évidence, avec certitude, que de tous les candidats, elle seule est de l’essence et du tissu du Président de la République française qui - avec ou sans la complicité des compradores africains - ne fera pas ourdir des réseaux tous azimuts afin de ruiner davantage l’Afrique dite indépendante et la faire ramper dans les arcanes des bâilleurs de fonds .


Coopération avec l’Afrique



« La coopération avec l’Afrique est essentielle pour notre pays, pas seulement au titre de la solidarité avec les populations africaines, mais aussi parce que ce qui s’y passe est crucial pour notre avenir : émigration, sécurité, risque sanitaire, risque écologique… En matière de coopération, dites-nous ce que vous voulez faire, annoncez que nous respecterons nos engagements internationaux.


La coopération avec l’Afrique est essentielle pour notre pays, au titre de la solidarité. Ce qui s’y passe est crucial pour notre avenir. Les pays pauvres, notamment en Afrique, doivent sortir de la misère grâce à un co-développement mieux pensé, plus solidaire et plus efficace. Là se situe la vraie réponse aux migrations de la misère. La question de l’émigration ne peut pas, en effet, être déconnectée de celle du co-développement. C’est par le droit des familles à vivre dignement dans leur pays que l’on peut tarir l’immigration clandestine.


France, Italie, Espagne : nous sommes tous confrontés à une immigration en provenance d’Afrique. Nous devons mettre en place des politiques coordonnées, à l’échelle européenne (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui) et, en même temps, penser ensemble un nouveau partenariat avec l’Afrique.


Il faut repenser de fond en comble la coopération et le développement en se concentrant sur quatre enjeux majeurs : l’eau, l’école, l’environnement, la santé et en favorisant les micro-crédits. Les femmes sont aux avant-postes de ces projets. En Afrique, elles assurent 98 % du travail de la terre mais bénéficient seulement de 5 % des crédits bancaires. Il faut aussi que l’aide des pays riches arrive directement à ceux qui en ont besoin, à travers la coopération décentralisée et les ONG. »



Lettre à Bernard Pinaud Président du CRID 19/01/07





Monsieur le Président

Je m’adresse, par votre intermédiaire, aux associations de solidarité internationale et aux organisations qui se réunissent à Nairobi pour une nouvelle édition du Forum Social Mondial.

Je n’ai malheureusement pas pu me joindre à vous et je le regrette sincèrement.
Je veux être à l’écoute des propositions de la société civile en France et dans le Monde. La dynamique des Forums Sociaux a permis de faire émerger puis mûrir un certain nombre de dynamiques qui influencent aujourd’hui les politiques publiques.
Vos organisations rappellent régulièrement les gouvernements des pays développés à leur responsabilité en matière de solidarité avec les sociétés les plus démunies.
Les ONG et les mouvements sociaux relayant les attentes des pays en développement ont imposé un temps d’arrêt aux négociations pour la libération des échanges dans le cadre du cycle de Doha impulsé par l’Organisation Mondiale du Commerce.
Sans votre mobilisation, la lutte contre le sida n’aurait jamais progressé comme elle l’a fait ces dernières années pour mieux contenir ce fléau mondial qui touche plus brutalement encore les pays en développement. Cette évolution est tout à fait remarquable même si je sais qu’il y a encore tant à faire.

Enfin, je n’ai pas oublié l’ampleur de la mobilisation citoyenne en opposition à l’intervention militaire américaine en Irak.
Je regrette aussi de ne pas être à Nairobi car vous le savez, j’ai un attachement tout particulier pour l’Afrique, continent où je suis née. Je me suis rendue récemment au Sénégal pour mieux faire connaissance avec vos partenaires dans ce pays. J’ai beaucoup écouté pour mieux comprendre les enjeux. Nous avons évidemment beaucoup parlé de l’émigration vers l’Europe, perçue comme seule perspective possible pour beaucoup de jeunes, au péril de leur vie.
Tous les sujets que vous aborderez lors des débats du FSM sont importants. Cependant, mon attention a été particulièrement retenue par certains thèmes sur lesquels j’aimerais recevoir, à votre retour de Nairobi, vos commentaires, votre analyse et vos propositions.
Le premier de ces thèmes est la circulation des biens. Il est essentiel de savoir comment nous pouvons réguler cette circulation des biens et des services, pour produire plus d’équité, favoriser le développement des pays les plus démunis et dans le même temps préserver les ressources de notre planète. Bien évidement, les problèmes de migration des personnes sont aussi liés à cette question.
Le second sujet concerne les enjeux stratégiques et le risque croissant de conflits générés par le contrôle de l’accès aux ressources énergétiques et à l’eau. Ces enjeux prennent une importance croissante avec la crise énergétique que nous connaissons aujourd’hui marquée par le changement climatique, d’une part, et l’épuisement des ressources fossiles, d’autre part. Cette crise impose une redéfinition de nos politiques énergétiques au Nord comme au Sud. Elle impose aussi de nous assurer que les populations les plus pauvres, qui sont aussi les plus vulnérables, ne seront pas une fois de plus laissées pour compte des adaptations nécessaires.

Le troisième thème qui touche la décentralisation et la municipalisation (notamment au Afrique) me tient particulièrement à cœur. Je pense avec vous que l’échelon local, les relations de proximité, sont plus adaptés pour répondre aux Objectifs du Millénium pour le Développement. Cette question a déjà été largement débattue dans le cadre du Forum AFRI-Cités en septembre dernier et j’espère que ce débat fera de nouveaux progrès à Nairobi.
Enfin, vous débattrez également de l’avenir de la réforme de la gouvernance mondiale. La communauté internationale n’a pas su saisir l’opportunité du 60ème anniversaire des Nations Unies pour engager une réforme ambitieuse autant qu’urgente. Il est salutaire que les ONG et les mouvements que vous représentez émettent des propositions concrètes pour que s’engage une réflexion de fond sur l’avenir des institutions internationales. Ces institutions doivent servir une mondialisation responsable, plus équitable, plus efficace pour protéger les droits humains et préserver l’environnement.

Je prendrai contact avec vous à votre retour du Forum Social de Nairobi, pour que vous me fassiez part de vos réflexions et propositions. Vos contributions seront particulièrement intéressantes pour l’élaboration des principaux axes de la politique de coopération et de solidarité que je mettrai en œuvre si je suis élue à la Présidence de la République.

Je vous prie de croire en l’assurance de mes respectueuses salutations. »




[1] Entre-nous. Essais sur le penser-à-l’autre.

[2] James Joyce : Ulysse, édits Gallimard .

[3] Edits Présence Africaine, Paris 1955. 4 Au mépris des peuples, François-Xavier Verschave et Philippe Hausser ; édits La fabrique.

[4] Fondateur de Présence Africaine.