olympe bely quenum fond1
olympe bely quenum fond2
olympe bely quenum fond3
olympe bely quenum fond4
olympe bely quenum photo1
olympe bely quenum photo2
Olympe BHÊLY-QUENUM'S WORKS DESERVE TO BE KNOWN
Biographie en Français
Author's Biography
UN ÉCRIVAIN À DÉCOUVRIR
ACCUEIL
DOCUMENTS
LIVRES
FRANCOPHONIE
POLITIQUE
ÊTRE ÉCRIVAIN AFRICAIN FRANCOPHONE ET UN ÉTRANGER DANS LA LITTÉRATURE DE LANGUE FRANÇAISE.
LETTRE OUVERTE À MONSIEUR HORTEFEUX MINISTRE DE L’IMMIGRATION, DE L’INTEGRATION, DE L’IDENTITÉ NATIO
INTELLECTUELS AFRICAINS ET NEGRO-AFRICAINS DE FRANCE, REVEILLEZ-VOUS !
LES INTELLECTUELS AFRICAINS CITOYENS FRANÇAIS EXCELUS DES DEBATS DE LA PRESIDENTIELLE..
POUR LE COMBAT EXEMPLAIRE ET LA VICTOIRE DE SEGOLENE ROYAL.
CE QUE L'AFRIQUE DOIT SAVOIR
Les Africains en contre-plaqué.
REFUS D'UN JOURNAL FRANCAIS
LA PRESIDENTIELLE A L'HEURE DECISIVE
MORCEAUX CHOISIS : Suite de la lettre à Hortefeux
LETTRE A CHEIKH ANTA DIOP, UN LEMURE QUI DÉRANGE
ETUDES ET TRAVAUX
INTERVIEW
PERSONNALITES
VODUN
IN ENGLISH
BIOGRAPHIE
BOOKS REVIEW
ARCHIVES
CONFERENCES
LIENS
ARTISTE
CONTACT

MORCEAUX CHOISIS : Suite de la lettre à Hortefeux

Tite-Live. Livre IV[1]



Voici un texte qui ne déplairait pas à Monsieur Sarkozy qui n’est pas Français de souche, mais j’y attire son attention ainsi que celle des lecteurs parce que, l’an 9 av. J-C, Tive-Live s’insurgeait déjà contre son projet d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, processus dont la cible est le rejet de l’étranger, l’exclusion de l’autre, bref : un projet raciste.



Lu et extrait par Olympe BHÊLY-QUENUM.

Ecrivain-Checheur.

www.obhelyquenum.com



*

[…] « vous ne doutez pas, bien sûr, qu’on ait entendu raconter leur histoire, celle de Numa Pompilius, qui n’était ni patricien ni même citoyen romain, mais qu’on alla cher­cher au pays des Sabins par ordre du peuple avec l’assen­timent du sénat pour le faire roi de Rome? puis celle de Lucius Tarquin, qui n’était ni Romain ni même Italien d’origine, mais fils du Corinthien Démarate et simple immigrant venu de Tarquinies, et qu’on fit roi du vivant des fils d’Ancus? celle de Servius Tullius, son successeur, dont la mère avait été faite prisonnière à Corniculum, fils d’une esclave et d’un père inconnu, et qui, grâce à son seul génie, son seul mérite, occupa le trône? Faut-il rappeler Titus Tatius, un Sabin, que Romulus lui-même, le père de Rome, associa au trône? C’est donc en ne dédaignant jamais pour sa naissance l’homme d’un mérite éclatant que s’est accru l’empire romain. Allez donc rougir main­tenant d’un consul plébéien, quand nos ancêtres n’ont pas dédaigné des rois venus du dehors, et quand, même après avoir chassé ses rois, Rome n’a pas été fermée aux étran­gers de mérite ! Les Claudius, par exemple, venaient de la Sabine, après l’expulsion de nos rois, quand nous leur avons donné le droit de cité et le rang de patriciens. Ainsi donc un étranger sera patricien, puis consul; mais qu’un citoyen romain soit plébéien et il perdra tout espoir d’accéder au consulat! Enfin croit-on impossible de trou­ver un homme courageux et entreprenant, bon politique et bon général, dans les rangs de la plèbe? un homme comme Numa, Lucius Tarquin et Servius Tullius? Ou bien, même s’il s’en trouve un, lui refusera-t-on l’accès au gouvernail de l’État, et préférera-t-on que les consuls ressemblent aux Décemvirs, les plus horribles des hommes, tous patriciens pourtant, plutôt qu’à nos meilleurs rois, tous hommes nouveaux?

« Mais, dira-t-on, en fait, jamais depuis l’expulsion des rois un plébéien n’a été consul. -

Et après? Toute innovation est-elle interdite? Ce qui ne s’est pas encore fait - et que de

choses sont dans ce cas chez un peuple neuf ! - doit-on, même si c’est utile, renoncer à le

faire? Les pontifes, les augures n’existaient pas sous Romulus: Numa Pompilius les a créés. Le recensement des citoyens, leur répartition en centuries et en classes n’existaient pas : Servius Tullius les a institués. Les consuls n’avaient jamais existé c’est après l’expulsion des rois qu’on les a créés. La dictature n’existait ni de fait ni de nom : elle date du temps de nos pères. Les tribuns de la plèbe, les édiles, les questeurs n’existaient pas on décida leur créa­tion. Quant aux Décemvirs législateurs, il n’y a pas dix ans que nous les avons créés, puis supprimés de notre constitution. N’est-il pas évident que dans la Ville éter­nelle, dont l’accroissement est sans limites, il doit y avoir des dispositions nouvelles dans les magistratures, dans les sacerdoces, dans les droits de la famille et de l’indi­vidu?

L’interdiction même du mariage entre patriciens et plébéiens n’est-elle pas une loi des Décemvirs datant de ces dernières années, grand malheur pour tout le monde, rare injustice envers la plèbe? N’est-ce pas le plus grand et le plus scandaleux des affronts que de prendre une par­tie des citoyens pour des êtres tarés, qu’on n’épouse pas? N’est-ce pas pour nous l’exil dans l’enceinte de murailles communes, la relégation? Défense d’entrer dans leur alliance, dans leur parenté, et de nous mêler à leur sang ! Mais alors, si c’est une souillure pour votre pauvre petite noblesse, que vous possédez non par la race et le sang (car vous descendez presque tous des Albains ou des Sa­bins), mais pour avoir fait partie d’une promotion de sé­nateurs désignés par les rois ou même, après le départ des rois, par un décret du peuple, que ne lui conserviez-vous sa pureté par des mesures d’ordre privé? N’épousez pas de plébéiennes ! Ne mariez vos filles et vos sœurs qu’à des patriciens ! Pas un plébéien ne prendrait de force une jeune patricienne : ce sont là caprices de patriciens. Pas un ne vous aurait contraints à conclure un mariage contre votre gré. Mais faire une loi pour le défendre, abolir le mariage entre patriciens et plébéiens, c’est en fin de compte un camouflet à la plèbe. Pourquoi, en effet, ne pas étendre l’interdiction du mariage entre riches et pauvres?

Partout et toujours on a laissé l’initiative privée choisir la maison où la femme est susceptible d’entrer comme épouse, celle où l’homme peut s’engager et prendre femme, et c’est ce choix que votre orgueil enchaîne par une loi destinée à diviser la société et à faire deux Etats d’un seul. Pourquoi ne pas interdire à un plébéien d’être le voisin d’un patricien, de prendre le même chemin que lui, d’assister au même repas, de se trouver sur le même forum? N’est-ce pas un fait du même ordre qu’un ma­riage entre plébéienne et patricien ou entre patricienne et plébéien? Quant au droit, en quoi finalement est-il modifié? En somme, naturellement, l’enfant suit la con­dition du père. Par ces mariages entre vous et nous, nous ne poursuivons qu’un seul but : compter pour des hommes, pour des citoyens. Vous, à moins de vouloir nous outrager et nous déshonorer à plaisir, vous n’ayez pas le droit de vous y opposer. »




[1] HISTOIRE ROMAINE Edits Les Belles Lettres (1946) ; page4-8, traduit du latin par Gaston Baillet.